Abhisit Vejjajiva et les leaders «rouges», partisans de l’ex-premier ministre en exil Thaksin Shinawatra, ont repris les pourparlers lundi en fin de journée en direct à la télévision afin de tenter de sortir le pays du blocage politique. Dimanche, une première réunion de trois heures n’avait en rien atténué leurs désaccords.

«Je ne rejette pas l’idée d’une dissolution de la Chambre basse mais ni aujourd’hui ni d’ici 15 jours, parce que je ne considère pas que c’est une solution», a expliqué le premier ministre. «Si vous voulez que mon gouvernement […] convoque une élection anticipée, pas de problème. Mais nous devons discuter», a-t-il ajouté en confirmant des positions prises depuis plusieurs mois.

Les «chemises rouges», qui s’appuient sur les paysans venus du nord et du nord-est du pays, ont entamé leurs manifestations le 14 mars. Ils ont réuni jusqu’à 100 000 personnes, témoignant de la profonde césure qui traverse la société thaïlandaise.

Dimanche soir, après avoir de nouveau mobilisé des dizaines de milliers de personnes dans les rues de Bangkok, les «rouges» avaient donné deux semaines au chef du gouvernement pour dissoudre la Chambre basse du Parlement. Une exigence réitérée lundi par Veera Musikapong, l’un des trois cadres «rouges» présents autour de la table.

Richesses confisquées

Les partisans de Thaksin affirment qu’Abhisit ne conserve son poste qu’avec l’aide de l’armée et des élites traditionnelles de Bangkok – palais royal, hauts fonctionnaires, magistrats. Ces dernières sont accusées de confisquer richesses et privilèges.

Renversé en 2006 par un coup d’Etat légitimiste, maintenu en exil par une condamnation à deux ans de prison pour malversations financières, Thaksin Shinawatra a été privé de plus de la moitié de sa fortune par la Cour suprême de Bangkok fin février. Mais il demeure l’indéfectible leader du mouvement des «chemises rouges».

En manifestant pendant quinze jours sans violence, ses partisans ont réussi à faire reculer Abhisit. Le chef du gouvernement avait jusqu’à samedi affirmé qu’il refuserait de discuter sous la pression de la rue. Abhisit est depuis quinze jours retranché dans une caserne militaire pour sa sécurité.