Le chef de l’Organisation iranienne de l’Energie atomique (OIEA), Gholamreza Aghazadeh, qui est aussi vice-président de la république iranienne, a démissionné de son poste, a rapporté ce jeudi l’agence Isna. Il aurait présenté sa démission il y a vingt jours au président Ahmadinejad, qui l’a acceptée. La raison de cette démission n’a pas été donnée par Isna.

Agé de 60 ans, M. Aghazadeh était responsable de l’OIEA, l’instance chargée du développement du programme nucléaire civil iranien, depuis 1997. Il avait été nommé par l’ancien président réformateur Mohammad Khatami mais avait conservé son poste après l’arrivée au pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad en 2005.

Entre 1985 et 1997, il avait occupé le poste de ministre du Pétrole. Il est considéré comme le principal responsable du développement du programme nucléaire iranien et de la centrale nucléaire de Bouchehr, actuellement construite par les Russes dans le sud de l’Iran..

Depuis qu’il a pris ses fonctions en 1997, l’Iran a construit l’usine de conversion d’uranium d’Ispahan (centre) mais aussi le site d’enrichissement d’uranium de Natanz.

La pression monte sur Téhéran

Cette démission survient alors que l’étau international essaie de se resserrer sur l’Iran. Le G8 de L’Aquila la semaine dernière a sommé Téhéran de coopérer avec la communauté internationale en vue de son désarmement nucléaire. Les Iraniens ont jusque fin septembre pour coopérer, faute de quoi de nouvelles sanctions seraient prises, a rappelé Barack Obama lui-même. Hilary Clinton a fait écho à ces menaces mercredi, rappelant que l’horloge tournait et que l’offre de négociation américaine avait effectivement une date de péremption.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki a laissé entendre après ces déclarations du G8 que son pays allait faire des propositions, sans donner plus de détail.

Gholamreza Aghazadeh a toujours répété que l’Iran ne renoncerait pas au nucléaire. Son départ pourrait correspondre à un geste de conciliation du régime vers l’extérieur, des pourparlers pouvant s’engager sur une nouvelle base. Mais la date de cette démission, qui daterait d’une vingtaine de jours, et le fait qu’elle ait été tenue secrête jusqu’ici vont à l’encontre de cette hypothèse. Plus probablement, ce départ pourrait aussi signifier une certaine division à la tête du régime quant à la politique à adopter désormais. Le président Ahmadinejad souhaite probablement resserrer les boulons et piloter au plus près l’ultrasensible question du nucléaire, après sa réélection qui est silencieusement remise jusque parmi les hauts dignitaires du régime. Enfin la démission de Gholamreza Aghazadeh peut aussi s’inscrirer dans le cadre de la formation du nouveau gouvernement, attendu dans les prochaines semaines.