Terrorisme

Cherif Chekatt a été abattu par la police à Strasbourg

Chérif Chekatt, l'auteur de l'attentat de mardi contre le marché de Noël à Strasbourg, a été abattu par la police jeudi soir dans le quartier Neudorf, a-t-on appris de source proche du dossier

L'homme a été abattu au 74 rue du Lazaret où un très important dispositif de police a été déployé, a-t-on précisé de même source. Selon France Info, Chérif Chekatt s'était réfugié dans un entrepôt dans le quartier de la Meinau de la capitale alsacienne.

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«Il a tiré sur une équipe de policiers de sécurité publique qui a riposté» a indiqué à l'AFP une source policière. Mardi soir, peu avant 20H00, il avait pénétré dans le centre historique de la ville au milieu du marché de Noël et avait ouvert le feu à plusieurs reprises sur les passants. Porteur d'une arme de poing et d'un couteau, il a ensuite échangé des tirs avec les forces de l'ordre, qui l'ont blessé au bras, avant de réussir à s'enfuir en prenant un taxi. Trois personnes sont mortes dans cette attaque, cinq personnes sont gravement blessées et huit légèrement, selon un bilan encore provisoire. Plus de 700 membres des forces de l'ordre étaient à sa recherche depuis l'attentat et plusieurs opérations de police avaient déjà eu lieu au Neudorf, quartier du sud de Strasbourg, où Chérif Chekatt a grandi.

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Connu des forces de l'ordre

L'avis de recherche des policiers français décrivait un «individu dangereux» de 1,80 m, à la «peau mate», avec une «marque sur le front». Né à Strasbourg et «S» («sûreté de l'État») pour sa radicalisation islamiste, Cherif Chekatt, 29 ans, avait été condamné à 27 reprises en France, Allemagne et Suisse pour des faits de droit commun.

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«Il a déjà été incarcéré à de multiples reprises et était connu de l'administration pénitentiaire pour sa radicalisation et son attitude prosélyte en 2015», a rappelé le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz. L'assaillant était inscrit au Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) et faisait l'objet d'un suivi par les services de renseignements intérieurs, a-t-il ajouté. Il devait être interpellé par les gendarmes mardi matin, dans le cadre d'une enquête de droit commun, le jour de la fusillade donc, mais a échappé à cette arrestation. La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête.

Une ville-cible idéale

La vie reprenait doucement à Strasbourg jeudi, où les écoles - fermées la veille - ont été rouvertes. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a annoncé que le marché de Noël, qui attire chaque année deux millions de touristes, rouvrira vendredi. Après cette attaque, le gouvernement a rehaussé à «urgence attentat», soit son niveau maximal, le plan national de lutte contre le terrorisme Vigipirate. Le traditionnel marché de Noël de Strasbourg avait fait l'objet d'un projet d'attentat en décembre 2000, qui avait été déjoué. Ville «touristique» avec «une identité française et européenne», Strasbourg «est une cible convoitée depuis de longues années», a souligné Anne Giudicelli, directrice de la société de conseil Terrorisc.

Et le président du Centre d'analyse du terrorisme, Jean-Charles Brisard, a noté l'apparition d'un «terrorisme de plus en plus de proximité». «Jusqu'à récemment, on frappait à Paris, parce que c'est symbolique. En majorité, les terroristes frappent désormais en province», analyse-t-il. La France vit sous une menace terroriste élevée depuis la vague d'attentats jihadistes sans précédent qui a fait 246 tués depuis 2015, sans compter la fusillade de Strasbourg. 

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