Colombie

Chez les FARC, la tentation de reprendre les armes

Tandis que des commandants de l'ex-guérilla communiste appellent à relancer la lutte, nombre d'anciens combattants continuent de parier sur la paix

La route n’est toujours pas goudronnée. Et, comme dans beaucoup d’endroits en Colombie, il faut plus de 45 minutes pour parcourir en 4x4 cahotant, dans un paysage vallonné grandiose, les 19 kilomètres qui séparent la petite ville d’Icononzo, dans le département du Tolima, de l’Espace territorial de formation et de réincorporation (ETCR) Antonio Nariño. C'est là l’un des 24 étranges hameaux qui ont surgi de toutes pièces, construits à la va-vite dans divers endroits du pays, pour accueillir les anciens guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), démobilisés suite à la signature de l’accord de paix du 24 novembre 2016, et leur permettre de «réincorporer» à la vie civile.

A l’ETCR d’Icononzo, les anciens maquisards sont officiellement encore près de 300 à être inscrits. «La population est fluctuante», explique Adrian, 61 ans, surnommé «el abuelo» [le grand-père], autour d’un café dans le frugal restaurant coopératif du lieu. «Certains vont et viennent en fonction de leurs familles, du travail, des études.»