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Jean-Luc Mélenchon avec ses supporters, ce dimanche soir à Paris.
© REUTERS/Stephane Mahe

France

Chez les mélenchonistes, une colère haineuse contre le PS

Les supporters de Jean-Luc Mélenchon s’étouffent de rage face au PS. Et disent leur détestation d’Emmanuel Macron, quitte à faire le jeu de Marine Le Pen

Des environs de la place de l’Etoile au sud de Montmartre, les contrastes d’un dimanche soir d’élection. Devant le No 262 de la rue du Faubourg Saint-Honoré, un simple attroupement de policiers. Le siège de campagne de Marine Le Pen, qui se trouve dans les étages, est d’une complète discrétion. Le FN n’est pas dans la capitale.

Les mélenchonistes, eux, veulent faire savoir leur présence. A la rue de Dunkerque, non loin de la Gare du Nord et ses souvenirs de charbon, l’attroupement s’est formé dès 18 heures. D’abord, entre deux gorgées de bière, pour rappeler avec force que l’extrême droite n’a pas le monopole de la Marseillaise; elle est entonnée tous les quarts d’heure, pour chauffer l’assistance, toujours plus nombreuse – les policiers doivent élargir le périmètre. Et après l’hymne national, on scande «résistance».

Devant le PS

A l’approche de 20 heures, bien sûr, la nervosité croît. On s’abreuve aux médias belges et suisses, tout en relativisant; les chiffres sous-estimeraient Jean-Luc Mélenchon. La position, donnée fragile, de Marine Le Pen enflamme les esprits.

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Jusqu’au coup de massue de 20 heures. Macron - Le Pen, les deux noms prédits depuis le début du jeu. Très vite, un supporteur veut nuancer: Jean-Luc Mélenchon est passé de 11% à plus de 19%, il est devant le PS et à part égale avec Les Républicains, c’est une avancée considérable.

Certes, mais la gauche est bien mal partie. Discussion avec un un groupe de jeunes gens «dégoutés», prévient l’un d’eux. L’inexorable ascension du candidat de La France insoumise a fait rêver, au sens politique du terme; cette fois, en raison du tangage défavorable de la postulation Fillon, et de la désintégration en vol de Benoît Hamon, c’était possible. L’hypothèse, folle, de l’homme de la gauche dure au premier tour se susurrait, à défaut de se clamer.

Dès lors, dans les minutes qui suivent 20h, la colère, voire la haine, à l'égard des socialistes s’exprime sans filtre. Si Benoît Hamon s’était rallié aux insoumis, malgré le corset de la primaire de gauche, ils auraient gagné, assurent-ils. Le duel Macron - Le Pen, et le médiocre score du candidat socialiste, n’augurent pas seulement de la chute du PS: c’est l’ensemble de la gauche française qui va former un champ de bataille boueux.

Macron? Vote impossible

Et maintenant? A discuter avec quelques mélenchonistes, c’est la question la plus délicate. Impossible de voter pour Emmanuel Macron, lancent-ils, avec presque un spasme de révulsion dans la voix. Trop vite adoubé par François Hollande, c’est à dire à la gauche qui perd, le jeune fringant d’En Marche «représente tout ce qui nous dégoûte», s’enflamme un interlocuteur – on jurerait qu’il parle de Marine Le Pen. Dès lors, il n’ira pas voter, ou blanc – ce qui, politiquement, revient au même.

On devine que cette rancune à l’égard du PS, et cette hargne à égard d’Emmanuel Macron, vont sans doute marquer la bataille du second tour. Une abstention massive à gauche pourrait-elle faire vaciller la France vers la droite extrême? On fait remarquer à l’interlocuteur vilipendant Emmanuel Macron que l’absence de son vote pourrait gonfler le score de Marine Le Pen. Il réplique, soudain laconique: «Oui, c’est possible».

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