Au sein du Parti républicain, le vocable «guerre» est devenu tabou. Pour la première fois depuis 1952, le candidat républicain investi par son parti pour conquérir la Maison-Blanche n’a fait aucune référence à la guerre, hormis à la Deuxième Guerre mondiale. Or les Etats-Unis ont toujours 79 000 soldats engagés dans la plus longue guerre que l’Amérique ait menée, celle d’Afghanistan. De plus, l’Amérique a mené, avec l’OTAN et aux côtés des Français et des Britanniques, une guerre en Libye, même si celle-ci était censée être une opération visant seulement à protéger les civils du clan Kadhafi. Qui plus est, le retrait d’Irak est encore très récent et l’Amérique n’exclut pas une intervention en Syrie.

Richard Nixon et Barry Goldwater ne s’étaient pas privés de fustiger la gestion de la guerre du Vietnam. Ronald Reagan a proféré de multiples menaces contre l’Union soviétique en brandissant parfois le spectre de guerre.

A Tampa, à la convention républicaine, Mitt Romney s’est contenté de déclarer que le président Obama n’avait pas fait son travail, celui d’empêcher l’Iran d’obtenir la bombe. Mais aucun mot sur les deux guerres d’Irak et d’Afghanistan lancées par le président républicain George W. Bush qui ont marqué une décennie de lutte contre le terrorisme et qui ont creusé les déficits. Or Mitt Romney entend pourtant augmenter de près de 2000 milliards de dollars le budget de la Défense au cours des prochaines années. L’explication: selon un sondage publié en mai, 66% des Américains estiment que les Etats-Unis ne doivent plus combattre en Afghanistan et 37% des républicains soutiennent encore la guerre.

Il ne faut dès lors pas s’étonner que George W. Bush n’ait pas fait d’apparition à la convention de Tampa.

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