Le chiisme, une multitude de branches

La communauté musulmane unie au début autour de Mahomet se divise ensuite autour de la succession de ce dernier. La question devient cruciale sous le quatrième calife, Ali (656-661), ami du Prophète et mari de sa fille Fatima, dont le pouvoir est contesté. Les chiites, ou partisans d’Ali (shi’a Ali), veulent que seuls les membres de la famille du Prophète (son gendre Ali et ses descendants) puissent diriger les croyants. Les sunnites, en revanche, suivent la sunna, qui recommande l’obéissance au pouvoir en place, et se rallient à Muawiya, fondateur de la dynastie omeyyade.

La question de la succession divisera encore les chiites en plusieurs courants. Les descendants d’Ali, le premier imam, deviennent tour à tour imams. Les zaydites, qui représentent 35% de la population du Yémen, ne reconnaissent que les cinq premiers imams. Les ismaéliens, nombreux dans le nord du Pakistan et de l’Afghanistan, reconnaissent les sept premiers imams. Ils se répartissent en plusieurs sectes: les Druzes (Liban, Israël et Syrie), les  alaouites (Syrie et Turquie) et les disciples de l’Aga Khan . Les chiites duodécimains, qui reconnaissent douze imams, le dernier étant le Mahdi ou imam caché qui reviendra sur terre à la fin des temps, constituent le plus grand groupe chiite. Ils sont majoritaires en Iran (95% de la population), en Azerbaïdjan (environ 80%), à Bahreïn (près de 70%), en Irak (65%), constituent près de la moitié de la population libanaise et sont minoritaires au Koweït, en Afghanistan, en Arabie saoudite, au Pakistan, au Qatar et aux Emirats arabes unis. Les alévis se rattachent de manière lointaine au chiisme duodécimain.