«Nous avons trouvé les mains du kamikaze attachées au volant de la voiture piégée et un exemplaire du Coran brûlé dans l'épave du véhicule», a déclaré un sapeur-pompier. Il était 9 h 30 (6 h 30 GMT) quand un homme a déclenché sa charge au milieu de la foule dans la ville chiite de Hilla, située à 100 km au sud de Bagdad. Au moins 114 personnes ont été tuées et 129 blessées dans cet attentat-suicide, le plus meurtrier depuis la chute de l'ancien régime en avril 2003. Cette attaque survient au lendemain de l'annonce de la capture d'un demi-frère du président déchu Saddam Hussein.

La police a expliqué le lourd bilan par le nombre important de personnes qui se trouvaient dans la matinée dans un quartier animé de la ville. Des dizaines de fonctionnaires étaient rassemblés pour des visites médicales dans la rue, où des commerçants proposaient leurs produits à même le sol.

Des morceaux de corps humains jonchaient la rue semée de flaques de sang, sang ayant également éclaboussé les murs de la clinique. Des dizaines de personnes se sont mobilisées pour réunir les restes humains dans des couvertures, tandis que chaussures et vêtements étaient entassés dans un coin.

Le gouverneur de la province de Babylone, dont Hilla est le chef-lieu, Walid Janabi, a déclaré que «cet acte criminel a visé des citoyens qui n'ont aucune relation avec l'armée et la police et qui ont choisi de vivre en paix». La police a indiqué que la voiture utilisée dans l'attaque avait été bourrée de plusieurs dizaines de kilogrammes de TNT et d'obus de mortier, pour «faire le maximum de victimes».

D'autre part, au nord et à l'ouest de Bagdad, cinq Irakiens, dont trois soldats et un traducteur, ont été tués dans une série d'attaques. En outre, le groupe radical Ansar al-Sunna, lié à Al-Qaida, a affirmé avoir exécuté un Irakien qu'il accusait d'espionner les «moudjahidin».

RSF indigné

Reporters sans frontières a exprimé hier son «horreur» après l'assassinat de la journaliste irakienne Raeda Mohammed Wageh Wazzan, retrouvée morte vendredi dernier cinq jours après avoir été enlevée, avec son fils, par des hommes masqués. Agée de 40 ans, elle était présentatrice de la chaîne de télévision publique régionale Iraqiya. Son fils de 10 ans avait été libéré trois jours après le rapt. Selon RSF, sa mort porte à 33 le nombre de journalistes tués depuis mars 2003.