«Nous sommes dans un moment très complexe, très difficile (...) nous mobilisons toutes les ressources imaginables pour nous occuper de ceux qui en ont besoin.» Ces mots sont ceux du ministre chilien de la Santé, Jaime Mañalich, bien conscient de la gravité de la situation au Chili, lors de l'annonce publique du dernier bilan quotidien de l'épidémie de Covid-19.

Le pays de 18 millions d'habitants a connu mardi la plus forte hausse de contaminations (3520) et de décès (31) dus au Covid-19 en 24 heures, depuis l'apparition du premier cas le 3 mars. Santiago a enregistré à ce jour 49 579 cas de contaminations, alors que le nombre de morts est désormais de 509.

Lire aussi: L’Amérique du Sud, le nouveau front de la pandémie

Le Chili a pourtant imposé depuis samedi le confinement total à l'ensemble de la capitale, premier foyer de contagion du pays, alors que le gouvernement avait jusque-là misé sur le confinement sélectif et le dépistage massif. Mais plusieurs quartiers pauvres de la capitale ont été secoués lundi et pendant la nuit par des manifestations violentes pour protester contre ces restrictions.

Des militaires déployés

Le mouvement de colère avait débuté lundi matin dans le quartier d'El Bosque où des barricades ont été dressées et des affrontements ont eu lieu entre manifestants et forces de l'ordre. «Nous avons faim», «Nous avons besoin de travailler, nous avons besoin que de l'aide arrive», ont crié des habitants de différents quartiers. L'armée a déployé des militaires et des véhicules pour y ramener le calme. 

«Nous sommes en confinement depuis de nombreuses semaines, avant même que le président ne le décrète, car nous savons que nous n'avons pas de lits dans nos hôpitaux du sud de Santiago», a déclaré mardi Claudia Pizarro, maire de La Pintana, une commune populaire du Grand Santiago, à une radio locale, Radio Cooperativa. «Nous voyons que les gens ont faim depuis plusieurs semaines maintenant», a-t-elle ajouté, critiquant le retard pris par le gouvernement du conservateur Sebastian Piñera pour prendre la mesure du problème.

Lire aussi: Plus de 15 000 morts du coronavirus en Amérique latine

Le chef de l'Etat chilien a annoncé dimanche la distribution de nourriture aux plus pauvres, mais sans plus de détails. En avril, il avait annoncé la remise d'une aide équivalente à 317 dollars (290 euros) à 4,5 millions de Chiliens vulnérables, mais le dispositif n'a toujours pas été mis en œuvre. Une aide équivalente à 60 dollars (55 euros) a toutefois été distribuée à 60% des familles les plus pauvres.