Avec des maisons broyées, des bateaux projetés à l’intérieur des terres, des immeubles écroulés, le littoral sud du pays est le plus touché, offrant un spectacle de mort et de dévastation.

Deux jours après le séisme de samedi, un des plus violents des cent dernières années avec une magnitude de 8,8, les sauveteurs tentaient de dégager des victimes de la secousse et surtout du raz de marée qui a balayé les côtes, prenant par surprise une population qui n’avait pas été avertie par les autorités.

Le bilan a doublé à 708 morts au cours des dernières heures et devrait encore s’alourdir en raison de nombreux disparus, a déclaré la présidente Michelle Bachelet. En tout, près de 2 millions de personnes - un Chilien sur huit - ont été affectées par la catastrophe.

Deux régions ont été décrétées en «état d’exception», le Maule, et le Bio Bio, dont la capitale Concepcion, une ville d’un demi million d’habitants à 400 km au sud de la capitale, a été placée sous couvre-feu pour éviter de nouveaux pillages.

Des dizaines de personnes ont pris dimanche d’assaut des établissements fermés, pour s’emparer de nourriture, parfois aussi d’appareils électroménagers.

La police a dispersé la foule au gaz lacrymogène et au canon à eau et les autorités militaires ont interdit aux habitants de sortir sans autorisation entre 21h00 GMT et 6h00. Dimanche, la présidente Bachelet a annoncé la distribution d’aide alimentaire avec l’appui de l’armée.

Dans la nuit, une nouvelle et forte réplique de magnitude 6,2 a frappé le centre du pays. A Santiago, le travail devait reprendre lundi et l’aéroport international a rouvert.

Mais à Concepcion, des dizaines de sauveteurs, équipés de chiens et de détecteurs thermiques, ont travaillé de nuit pour tenter de dégager une cinquantaine de personnes qu’ils pensent prisonnières d’un immeuble effondré de 14 étages.

Le coût des dégâts pourrait atteindre 15 à 30 milliards de dollars, selon la société américaine EQECAT, spécialisée dans la modélisation du risque.