Surveillance

En Chine, les caméras sont intelligentes

Dans l’Empire du Milieu, la reconnaissance faciale est déjà une réalité. Elle sert, entre autres, à retrouver des criminels ou à payer ses achats. Mais elle permet aussi à l’Etat de surveiller ses citoyens

Caméras toujours plus présentes, logiciels qui s’affinent, données qui gonflent de manière exponentielle: la surveillance est une pratique, et une économie, en plein boom. Durant cinq jours, nous explorons certaines des facettes de cette montée en puissance de l’observation sécuritaire, avec ces zones d’ombre. Nous commençons par la Chine, pays avancé en la matière.

Notre éditorial: La reconnaissance faciale, à manier avec une extrême prudence

Une petite foule s’est amassée des deux côtés de la route, l’une des plus fréquentées du quartier de Futian, à Shenzhen. Ils attendent que le feu passe au rouge. Soudain, un vieil homme poussant un chariot chargé de bouteilles vides perd patience et s’élance, slalomant entre les véhicules. Il est suivi par une dame munie de deux valises à roulettes roses. Quelques instants plus tard, leurs visages apparaissent sur un écran géant, avec leur nom et la moitié de leur numéro de carte d’identité.

Ils ont été pris sur le fait par deux caméras de surveillance équipées d’un logiciel de reconnaissance faciale. Celles-ci corrèlent les images des passants avec une base de données contenant les photos et les cartes d’identité des 1,4 milliard de citoyens chinois. D’ici peu, la police de Shenzhen enverra à ces délinquants un message personnalisé et une amende, via les réseaux sociaux WeChat et Weibo.