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La Chine et les Etats-Unis ont ratifié l'accord de Paris sur le climat

Premier pollueur de la planète, la Chine a adopté l'accord sur la réduction des gaz à effet de serre. Barack Obama a ensuite fait la même annonce. Avant le G20, l'hôte chinois fait fermer des usines afin de purifier l'air

Premier pollueur de la planète, la Chine a ratifié samedi l'accord mondial sur le climat conclu en décembre 2015 à Paris à l'issue de la COP21, et les Etats-Unis lui ont emboîté le pas en marge du G20 de Hangzhou.

La chambre d'enregistrement législatif du régime communiste a voté «la proposition (...) pour ratifier» ce traité historique visant à contenir le réchauffement climatique sous le seuil critique de 2 voire 1,5°C par rapport au niveau pré-industriel, a annoncé l'agence Chine nouvelle.

Cela supposera des efforts colossaux pour le géant asiatique, qui tire quelque 70% de son électricité du charbon, produisant environ 24% des émissions mondiales de CO2.

Lire: Climat: l'accord de Paris en cinq mots

A cette heure: 24 pays seulement ont ratifié

L'accord de Paris a été formellement signé par 180 pays, mais chacun doit ensuite, selon ses propres modalités (vote au Parlement, décret...), ratifier le texte. Il faut la ratification d'au moins 55 pays représentant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre pour que le traité entre en vigueur.

Jusqu'à présent, seuls 24 pays étaient allés au bout du processus, selon le site des Nations unies: surtout des petits Etats insulaires, les plus exposés, mais ne représentant que 1,08% des émissions.

Selon des ONG et des sources diplomatiques, les Etats-Unis – deuxième émetteur mondial de CO2 – devaient rapidement imiter la Chine.

Lire également: Un accord à Paris, et maintenant?

Barack Obama fait son annonce avant le G20

Le président Barack Obama est arrivé samedi à Hangzhou, dans l'est de la Chine, pour le sommet du G20. Il a annoncé la ratification par Washington de l'accord de Paris, décision qui ne nécessiterait pas le feu vert du Congrès. Parlant du texte, il a évoqué «le moment où nous avons enfin décidé de sauver notre planète».

Avec cette double annonce, une énorme partie du chemin restant sera accomplie: les deux principales économies du globe sont responsables, à elles deux, de 40% des émissions planétaires. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est ensuite dit «optimiste» quant à une entrée en vigueur de l'accord à fin 2016.

Notre éditorial après la signature du texte: Transformer l'essai de la COP21

Des usines fermées pour un ciel bleu

Si la Chine est le premier pays en termes d'investissements dans le solaire, Pékin a approuvé en 2015 la construction d'au moins 150 nouvelles centrales à charbon. La consommation chinoise de charbon a doublé sur la décennie 2004-2014, alimentant une pollution atmosphérique endémique.

A telle enseigne que les autorités ont fait fermer ces deux dernières semaines des usines jusqu'à 300 km autour de Hangzhou, pour garantir un ciel bleu aux visiteurs du G20.

Lire aussi: Le dernier G20 de Barack Obama


Les ONG saluent les dernières avancées

«Le signal montre que la communauté internationale s'attaque de concert à la menace climatique. Ces deux pays transforment leurs économies pour tirer leur croissance des énergies propres plutôt que fossiles», indique à l'agence AFP Alvin Lin, de l'ONG environnementale NRDC.

Mieux encore, «Chine et Etats-Unis devraient faire un énorme bond en avant en dévoilant samedi les résultats d'évaluations croisées de leurs programmes de soutien aux énergies fossiles», se réjouit Li Shuo, conseiller climat pour Greenpeace. «Parler de «triomphe» après Paris, et continuer de couvrir de généreuses subventions les industries des énergies fossiles n'est simplement pas compatible» voire «hypocrite». Hangzhou «doit être l'occasion pour les dirigeants (du G20) d'établir un calendrier pour éliminer leurs subventions aux carburants fossiles», insiste Li Shuo.

Les grandes puissances devront revoir à la hausse, par 6, leurs objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 si le monde veut rester sous la limite des +2°C de réchauffement, estime Climate Transparency.

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