droits de l’homme

La Chine fâchée par un rapport américain

Le rapport annuel du Département d’Etat américain, publié trois jours après la visite de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton à Pékin, épingle la Chine pour ses violations des libertés individuelles. Le Tibet est fermé aux touristes étrangers.

La Chine a rejeté jeudi le rapport du Département d’Etat américain sur les droits de l’Homme dans lequel elle est épinglée, comme étant «irresponsable» et «sans fondement».

Ce rapport «ignore délibérément et déforme les faits» de même qu’il «ignore les efforts consentis par la Chine» dans ce domaine et «qui ont été largement reconnus par la communauté internationale», accuse l’agence officielle Chine Nouvelle dans cette première réaction chinoise.

Il «critique sans fondement les conditions des droits de l’Homme en Chine» et contient «des remarques irresponsables sur les systèmes ethnique, religieux et légal» chinois, poursuit l’agence, qui s’en prend aux ingérences du département d’Etat «dans les affaires intérieures chinoises».

Le rapport annuel publié mercredi par le Département d’Etat américain -- trois jours après la visite de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton à Pékin -- épingle la Chine pour ses violations des libertés individuelles.

»Le bilan du gouvernement chinois en matière de droits de l’Homme est resté mauvais et s’est aggravé dans certaines régions», note le rapport qui cite notamment la «répression des minorités ethniques dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang et au Tibet».

Le document dénonce aussi les «éliminations et tortures» infligées aux opposants, et le «harcèlement» subi par les dissidents, les défenseurs des droits de l’Homme et leurs avocats, notamment pendant la période phare des jeux Olympiques.

Mercredi, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, est apparue cependant sur la défensive en présentant ce rapport après avoir été critiquée pour avoir donné la primeur à l’économie et au réchauffement climatique lors de sa visite à Pékin.

»En tant que secrétaire d’Etat, je continuerai à concentrer mon énergie sur les droits de l’homme et j’appellerai autant de monde que possible à se joindre à moi», a-t-elle dit.

»Nous ne nous limiterons pas à une seule approche pour vaincre la tyrannie et l’asservissement qui affaiblissent l’esprit humain, limitent les possibilités humaines et menacent le progrès humain», a-t-elle souligné.

Amnesty International s’était dit «choqué et extrêmement déçu» par les prises de position de Mme Clinton durant sa tournée asiatique, mais la presse officielle chinoise avait exprimé son soulagement, y voyant un signe de bonne volonté de la nouvelle administration démocrate.

Tibet fermé aux touristes

Par ailleurs, le Tibet sera fermé aux touristes étrangers avant le 10 mars, jour du 50e anniversaire de l’insurrection tibétaine qui avait été suivie de la fuite en Inde du dalaï lama, a-t-on appris mardi auprès de voyagistes et d’hôtels.

«Les autorités ont demandé aux agences de tourisme de cesser d’organiser des voyages pour les étrangers jusqu’au 1er avril», a indiqué à l’AFP une employée à Lhassa d’une agence officielle, sous le couvert de l’anonymat.

Cette interdiction pour les étrangers de se rendre sur le «Toit du monde» a été confirmée par un hôtel de Lhassa, la capitale tibétaine, et trois agences de voyage de la ville de Chengdu, dans la province voisine du Sichuan, qui organisent habituellement des excursions au Tibet.

On ignore à partir de quelle date cette interdiction sera effective.

La sécurité a été renforcée dans la Région autonome du Tibet et dans les provinces limitrophes à population tibétaine, selon des sources concordantes.

Pékin redoute la célébration, le 10 mars, du 50e anniversaire de l’insurrection tibétaine qui avait été suivie de la fuite en Inde du dalaï lama, le chef des bouddhistes tibétains, et celle, le 14 mars, des émeutes de l’an dernier. Les autorités chinoises interdisent l’accès du Tibet aux étrangers à chaque fois que la situation y est particulièrement tendue. La Région avait ainsi été fermée après les émeutes de l’an dernier, jusqu’en juin.

Le Tibet est entré mercredi dans l’année 2136 de son calendrier avec une mise en garde du dalaï lama contre une répression accrue de Pékin.

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