Des fonctionnaires chinois ont pénétré lundi dans l'enceinte du consulat des Etats-Unis à Chengdu peu après le départ des derniers employés de Washington. Cela met fin à un épisode de sanctions mutuelles digne de la Guerre froide. Très symboliquement, la bannière étoilée des Etats-Unis avait été descendue peu auparavant à l'intérieur du complexe diplomatique, selon des images de la télévision chinoise.

Contrairement aux jours précédents, les journalistes étrangers n'étaient pas autorisés par les forces de l'ordre à approcher du bâtiment.

Le gouvernement chinois a ordonné, vendredi, la fermeture de cette représentation diplomatique en représailles à une mesure similaire prise à l'encontre du consulat de Chine à Houston par l'administration Trump, dans un contexte d'accusations d'espionnage mutuelles au goût de guerre froide.

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Pékin n'avait alors pas précisé dans quel délai la mission américaine devrait fermer ses portes. Les Etats-Unis avaient donné trois jours aux Chinois pour évacuer leur consulat à Houston. Depuis vendredi, les journalistes ont pu voir des employés du consulat de Chengdu sortir des sacs-poubelles et un autocar quitter les lieux, tous rideaux fermés, pour une destination inconnue. Des fonctionnaires chinois ont pénétré vers 10 heures locales dans l'enceinte du consulat, peu après le départ des derniers employés de Washington. 

Des accusations de menace pour la sécurité réciproques

A Houston, des agents américains sont finalement entrés dans le bâtiment vendredi après avoir ouvert la porte à l'aide d'outils. Pékin a protesté contre cette intrusion. Ce bâtiment est «une propriété nationale de la Chine», a souligné samedi dans un communiqué le ministère chinois des Affaires étrangères, se référant au droit international. Elle «apportera une réponse appropriée et nécessaire à ce sujet», a averti Pékin.

Dans un contexte de tension diplomatique accrue autour du coronavirus et de Hongkong, Washington a justifié sa décision en affirmant que le consulat de Chine à Houston était «une plaque tournante de l'espionnage et du vol de propriété intellectuelle».

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«Certains employés du consulat des Etats-Unis à Chengdu se sont livrés à des activités sortant de leurs attributions, ils se sont ingérés dans les affaires intérieures de la Chine et ont mis en danger la sécurité et les intérêts chinois», a accusé de son côté la diplomatie chinoise.


Un consulat collector

Selfies, drapeaux chinois et sécurité aux aguets: dimanche, avant la fermeture de cette antenne, les habitants de Chengdu ont profité de leur congé pour immortaliser le consulat américain.

Un flot ininterrompu de curieux s'est pressé devant le consulat pour s'y faire photographier ou se prendre en selfie, tandis que des parents se promenaient avec leurs enfants. Les abords du bâtiment étaient entourés par un important dispositif policier, ont constaté des journalistes de l'agence AFP.

Et une certaine tension était palpable au sein des forces de sécurité, qui ne toléraient aucun geste provocateur ou signe de joie trop manifeste face au départ des Américains. Une passante qui s'apprêtait à entamer un chant nationaliste a ainsi été rapidement priée de se taire, selon une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Des journalistes ont par ailleurs vu une banderole être confisquée par la sécurité. Mais un riverain a pu toutefois déployer sur son balcon un imposant drapeau chinois et crier le nom de son pays. (AFP)