Ces sentences illustrent le durcissement de la répression des dirigeants chinois contre ceux qu’ils accusent d’islamisme et de séparatisme. La Chine a accentué sa politique de «fermeté» après une série d’attaques commises dans cette région autonome mais aussi dans le reste du pays.

Les neuf condamnés, dont plusieurs portent des noms ouïghours, se sont vu infliger des peines de 3 à 14 ans de réclusion criminelle, a rapporté mercredi le gouvernement de la ville de Qapqal sur son site internet.

Le verdict a été annoncé dans un vaste espace en plein air où avait été dressée une longue estrade pour les magistrats, bien gardée par les forces de sécurité, selon des photos diffusées par le «Quotidien du peuple». Un responsable communiste local, Li Wei, a appelé les 3000 personnes du public à rejoindre «la guerre du peuple contre le terrorisme».

Une quarantaine d’arrestations

Les autorités du district de Qapqal, près de la frontière avec le Kazakhstan, ont également annoncé l’émission de mandats d’arrêt contre 25 personnes et l’incarcération de 14 autres.

Toutes ces personnes ont été condamnées ou sont soupçonnées d’avoir appelé à la «guerre sainte», d’avoir participé à des camps d’entraînement à l’étranger, de séparatisme et d’incitation à la haine raciale, selon le «Quotidien du peuple» qui cite l’exécutif de Qapqal.

Procès pas équitable

Le Congrès mondial ouïghour, une organisation exilée de défense des Ouïghours, a dénoncé l’annonce publique des peines de prison, en assurant que les accusés avaient été privés de procès équitable. «La répression démesurée amènera davantage de Ouïghours à résister à la domination chinoise», a assuré un porte-parole de l’organisation.

La semaine dernière la Chine a annoncé l’exécution de treize personnes condamnées pour «terrorisme» au Xinjiang. Le pays a ces derniers mois connu plusieurs attentats dans des lieux publics, imputés par les autorités à des Ouïghours.

Ces derniers se disent exclus de la vigoureuse croissance de la région dopée par les efforts d’investissements de Pékin, et entravés dans la pratique de leur religion et de leur culture.