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En Chine, la reconnaissance faciale pour sanctionner les piétons indisciplinés

Plusieurs villes du pays utilisent cette technologie pour sanctionner les passants qui traversent au feu rouge. Leurs photos et informations personnelles sont affichées sur un écran. Une nouvelle arme pour réguler le trafic

Les Chinois ne peuvent plus faire un pas de travers. Plusieurs villes du pays utilisent la reconnaissance faciale pour surveiller les piétons indisciplinés. Une fois repérés, les fautifs sont soumis à l’opprobre public. Leurs photos et informations personnelles sont affichées sur des écrans installés aux carrefours, indique l’agence de presse Chine Nouvelle. Une vidéo d’une quinzaine de secondes permet également aux contrevenants de constater leur erreur.

Le dispositif ne s’arrête pas là. Ces images sont ensuite comparées avec celles stockées dans une base de données de la police locale. Un système d’une redoutable efficacité. «En moins de vingt minutes, la photo des contrevenants ainsi que des informations personnelles telles que leur numéro de carte d’identité et leur adresse s’affichent sur l’écran», selon le média d’Etat. Dans certaines villes, ces données sont également publiées sur les réseaux sociaux.

En Chine, la reconnaissance faciale a déjà été utilisée par la chaîne de restauration rapide KFC pour anticiper les commandes des clients, ainsi que dans les toilettes publiques afin de lutter contre le vol de papier hygiénique.

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Sanctions sévères

Un attirail de sanctions est à la disposition des autorités. Le piéton doit choisir entre payer une amende de 3 dollars, un cours de code de la route d’une demi-heure, ou bien prêter main-forte aux policiers de la circulation durant vingt minutes. En cas de récidive, l’amende peut atteindre 15 dollars.

Des sanctions indirectes seraient également prévues. A Jinan, à l’est du pays, la police indique que ce dispositif peut également avoir une incidence sur les primes d’assurance et de retraite du fautif. Son employeur et le propriétaire de son logement peuvent également être informés de ce faux pas.

Plus de 6200 cas de personnes traversant au feu rouge ont été recensés début mai dans la capitale de la province de Shandong. Un système efficace? «Le nombre de cas de piétons qui traversent en dehors des clous est passé de 200 à 20 par jour aux plus grands carrefours des routes de Jingshi et de Shungeng», raconte Li Yong, officier de police à Jinan, à Chine Nouvelle.

Record d’insécurité routière

«Je m’en souviendrai la prochaine fois que je traverserai la route, confie un habitant au média The Paper. Après tout, ce n’est pas une bonne idée de traverser quand le feu est encore rouge.» La régulation du trafic est une question importante pour cette ville chinoise de 3,5 millions d’habitants, comme dans beaucoup d’autres. Chaque année, plus de 260 000 personnes meurent sur les routes chinoises, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Début juin, une vidéo dans laquelle une femme était percutée par un taxi sur un passage piéton, avant d’être écrasée par une voiture, avait suscité l’indignation sur les réseaux sociaux. Elle avait succombé à ses blessures, personne ne s’était arrêté pour lui venir en aide.

Ce n’est pas la première fois que la Chine prend des mesures originales dans ce domaine. En avril, des tourniquets avaient été installés à Wuhan, dans le centre du pays, pour empêcher les piétons de traverser la route. Le pays a aussi déployé une «armée» de danseuses pour faire de la prévention. En janvier, un robot policier a également été installé à un carrefour de Xiangyang, au nord-ouest du pays. La machine pouvait donner des avertissements verbaux aux passants et les éblouir avec un flash lumineux.

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