Liang Yuzhi a l’œil triste quand elle pense au Nouvel An lunaire qu’elle s’apprête à passer sans ses enfants. Originaire du Henan, dans le centre de la Chine, elle travaille de nuit en cuisine dans un petit restaurant de fondue épicée à Shanghai. Ses trois enfants sont élevés par sa belle-mère, à 900 kilomètres au nord-ouest, dans leur village du Henan, une province pauvre. Elle leur passe tous les jours des appels vidéo, sur Wechat, le réseau social dominant en Chine. «Ma plus grande me demande à chaque fois: «Maman, quand est-ce que tu rentres?» C’est vraiment dur. J’espère pouvoir passer les voir après la fête du printemps ou en mars peut-être.» Car pour l’instant, rentrer dans son village relève du parcours du combattant: tests PCR obligatoires au départ de Shanghai et quatorze jours de quarantaine au village.