La Chine a affirmé, mardi, qu'elle continuerait à «moderniser son arsenal nucléaire pour des questions de fiabilité et de sécurité» et appelé Moscou et Washington à réduire leurs stocks d'armes après l'engagement lundi des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU à prévenir la propagation des armes atomiques. 

Selon l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), les Etats-Unis disposaient en janvier 2021 de 5550 armes nucléaires, contre 350 pour la Chine.

Des questions de fiabilité et de sécurité évoquées

Washington accuse régulièrement Pékin de renforcer rapidement son arsenal nucléaire, des affirmations «fausses», a déclaré mardi Fu Cong, directeur général du service de contrôle des armements au ministère chinois des Affaires étrangères. «La Chine a toujours adopté la politique de non-recours en premier aux armes nucléaires et nous maintenons nos capacités nucléaires au niveau minimal requis pour notre sécurité nationale.»

La Chine continuera à moderniser son arsenal nucléaire pour des questions de fiabilité et de sécurité

«Les armes nucléaires vieillissent également. Nous devons nous assurer que les nôtres sont à jour et peuvent également servir de moyen de dissuasion», selon Pékin, qui rejette régulièrement les invitations de Washington à rejoindre des discussions américano-russes sur la réduction de leurs armes nucléaires, soulignant que son arsenal est bien moins important.

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«Les Etats-Unis et la Russie possèdent encore 90% des têtes nucléaires de la planète. Ils doivent réduire leur arsenal nucléaire de manière irréversible et juridiquement contraignante», a indiqué Fu Cong.

Engagement des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU

Avant la 10e conférence d'examen du Traité sur la non-prolifération (TNP), prévue en janvier mais reportée à une date ultérieure pour cause de pandémie de Covid-19, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France) se sont engagés, lundi, à «prévenir la poursuite de la dissémination» de l'arme suprême, affirmant qu'une guerre nucléaire ne pouvait être gagnée.

En pleine négociation avec l'Iran, elles soulignent leur volonté d'accomplir «davantage de progrès en matière de désarmement, avec pour objectif ultime un monde exempt d'armes nucléaires», selon un communiqué de la présidence française qui coordonne les travaux de ces pays depuis deux ans.

«Chacun d'entre nous entend maintenir et renforcer encore ses mesures nationales destinées à empêcher l'utilisation non autorisée ou non intentionnelle d'armes nucléaires», poursuit le texte, à une semaine d'une négociation russo-américaine à Genève sur les traités de contrôle de l'armement nucléaire et la situation à la frontière russo-ukrainienne. «Nous affirmons qu'une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée», affirment enfin les signataires, martelant que ces armes «tant qu'elles existent, doivent servir à des fins défensives, de dissuasion et de prévention de la guerre».