4 octobre: le parti socialiste grec (PASOK) sort vainqueur des élections législatives. Georges Papandréou est nommé premier ministre.

16 octobre: le nouveau gouvernement annonce que la situation économique du pays est «explosive» et que le déficit budgétaire, que le gouvernement de Costas Caramanlis voyait à 6%, dépassera les 10% du PIB en 2009.

5 novembre: le gouvernement annonce que le déficit atteindra 12,7% du PIB en 2009 et la dette 113,4%.

11 novembre: la Commission européenne déplore que ses avertissements n’aient pas été pris au sérieux et évoque des sanctions. Elle considère qu’aucune action n’a été engagée pour réduire les déficits et réclame des mesures urgentes pour redresser les finances publiques.

1er décembre: l’Ecofin (réunion des ministres des Finances de la zone euro) qualifie la situation grecque de «préoccupante», mais écartent tout risque de faillite.

8 décembre: l’agence Fitch abaisse la note de long terme de la dette grecque de A- à BBB+. C’est la première dégradation opérée sur une note dans la zone euro, ce qui entraîne une hausse du rendement des obligations grecques, les investisseurs demandant une prime de risque.

10 décembre: à l’occasion du sommet européen de Bruxelles, la présidence suédoise de l’Union européenne juge «très grave» la situation de la Grèce, mais appelle le pays à résoudre la crise seul.

11 décembre: Georges Papandréou nie tout risque de défaut de paiement de sa dette par la Grèce, et exclut de recourir à l’aide du Fonds monétaire international (FMI).

14 décembre: le gouvernement grec promet de faire passer le déficit du pays sous les 3% du PIB en 2013, avec notamment un plan d’austérité dans la fonction publique, un programme de privatisations, une baisse des dépenses militaires et une augmentation de recettes fiscales.

16 décembre: S&P abaisse à son tour la note de dette de long terme de la Grèce de A- à BBB+.

17 décembre: plusieurs milliers de salariés manifestent contre le plan d’austérité à Athènes, mais sans que les syndicats ne s’associent au mouvement.

22 décembre: Moody’s dégrade elle aussi la note de la dette grecque.

2010

5 janvier: la Grèce réitère son engagement de ramener le déficit sous les 3% du PIB dès 2012, soit un an plus tôt que dans le projet de budget adopté avant Noël.

11 janvier: le FMI envoie une mission à Athènes à la demande du gouvernement grec. La mission rentre à Washington quatre jours plus tard sans avoir établi un programme d’assistance.

13 janvier: Georges Papandréou annonce que la Grèce n’aura pas recours au FMI et ne sortira pas de la zone euro.

14 janvier: le président de la BCE Jean-Claude Trichet qualifie d’«absurde» l’hypothèse de la sortie d’un pays de la zone euro. Pour la première fois, le taux des obligations d’Etat grecques à dix ans passe au-dessus des 6%, alors que celui des obligations allemandes reste à 3,3%.

20 janvier: nouvelle manifestation nationale contre les mesures d’austérité.

27 janvier: Athènes dément des informations de presse selon lesquelles elle aurait sollicité la Chine pour lui vendre des obligations d’Etat pour une somme pouvant aller jusqu’à 25 milliards d’euros.

28 janvier: jeudi noir pour les obligations grecques, dont le taux monte jusqu’à 7,1%, plus de 400 points de base au-dessus des obligations allemandes, du jamais vu depuis l’entrée de la Grèce dans la zone euro. Pour la première fois, Georges Papandréou dénonce, depuis le sommet de Davos, le fait que des attaques spéculatives viseraient son pays et l’euro avec.

2 février: le gouvernement grec annonce un deuxième plan d’austérité: gel total des salaires des fonctionnaires, réduction des 13et 14e mois de salaire dans la fonction publique, relèvement de l’âge légal du départ à la retraite et augmentation des taxes sur les carburants.

3 février: la Commission soutient le plan budgétaire grec mais place le pays sous une procédure de surveillance sans précédent, et ouvre une procédure d’infraction sur ses statistiques.

9 février: le flou règne encore en Europe sur l’assistance à apporter à la Grèce. Le ministre suédois des Finances Anders Borg estime que «discuter du rôle du FMI dans la gestion de la situation ne devrait pas être tabou», alors que le commissaire européen aux Affaires économiques Joaquin Almunia estime que les Européens n’ont pas besoin de faire appel au FMI pour venir en aide à la Grèce. La presse allemande affirme de son côté que Berlin prépare un plan d’aide à l’échelle européenne ou au niveau bilatéral. L’idée d’un Fonds monétaire européen est avancée par l’Allemagne.

11 février: à l’occasion d’un sommet à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE assurent la Grèce de leur solidarité, mais sans annoncer aucune aide financière concrète. En échange de leur soutien, ils exigent de la Grèce qu’elle respecte scrupuleusement son engagement à réduire son déficit de quatre points en 2010.

15 février: les ministres des Finances de la zone euro demandent à Athènes de s’engager, si besoin est, à prendre des mesures supplémentaires pour lutter contre ses déficits, via des coupes dans les dépenses ou de nouvelles taxes.

16 février: les ministres des Finances de l’UE réitèrent leur engagement d’aide la Grèce, mais sans donner vraiment de précisions. Tout juste expliquent-ils que, au cas où la Grèce aurait besoin d’une aide financière, la Commission européenne est «prête» à mettre en place un cadre pour coordonner ces actions.

24 février: alors que la Grèce est quasiment paralysée par une grève générale, l’agence S&P annonce que la note de la Grèce pourrait être à nouveau abaissée d’ici un mois, provoquant immédiatement une nouvelle tension sur les taux des obligations.

25 février: la Réserve fédérale américaine (Fed) annonce qu’elle examine le rôle de la banque Goldman Sachs et d’autres établissements, soupçonnés d’avoir, par des moyens peut-être légaux à l’époque, aidé la Grèce à camoufler le montant réel de sa dette.

3 mars: le gouvernement grec annonce une nouvelle série de mesures d’austérité qui devraient générer 4,8 milliards d’euros d’économies, parmi lesquelles une hausse des taxes sur les alcools, le tabac, les carburants et les produits de luxe, et le gel des retraites des fonctionnaires et des salariés du secteur privé.

4 mars: la Grèce place 5 milliards d’euros d’obligations à un taux de 6,30%, légèrement plus favorable que pour les opérations précédentes.

11 mars: nouvelle grève générale à l’appel des principaux syndicats.

12 mars: les spéculations vont bon train sur les décisions que pourraient prendre les réunions de l’Ecofin et de l’Eurogroupe prévues les 15 et 16 mars à Bruxelles. Selon des documents vus par des journaux, ils mettraient une enveloppe de 20 à 25 milliards d’euros à la disposition de la Grèce.

15/16 mars: réunis à Bruxelles, les ministres européens des Finances remettent toute décision au chefs d’Etat qui se réunissent les 25 et 26 mars. L’impatience monte à Athènes qui réclame un mécanisme européen. La mise en place d’un FME était à l’ordre du jour. Selon le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn, la Commission était prête à présenter le projet.

18 mars: après l’échec de la réunion de l’Ecofin et celle de l’Eurogroup, George Papandréou fait de la surenchère et menace d’aller frapper à la porte du FMI si le sommet européen des 25 et 26 mars ne prend pas de décision concrète pour aider la Grèce.

20 mars: l’Allemagne évoque une intervention du FMI. Sa proposition est soutenue par plusieurs pays dont l’Italie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Finlande, la Suède et l’Autriche. La France et l’Espagne ainsi que le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet sont contre. A Washington, le FMI se dit prêt à entrer en action.

24 mars: Selon la presse, la France se serait ralliée à l’Allemagne en faveur d’une solution mixte entre le FMI et l’UE.