L’essentiel

L’OMS a recommandé hier une troisième dose de vaccin pour les personnes immunodéprimées.

Au 10 octobre, 60,5% de la population suisse était entièrement vaccinée.

Merck a déposé une demande d’autorisation en urgence aux Etats-Unis pour sa pilule qui réduirait les risques de décès du Covid-19.

Tanja Stadler, cheffe de la task force scientifique de la Confédération, estime qu’un vaccin pour les moins de 12 ans devrait être disponible prochainement. Le fabricant Pfizer/Biontech a présenté des données préliminaires.

Retrouvez notre suivi de la journée de lundi.


■ Le CHUV et l’EPFL font une importante découverte pour lutter contre la pandémie

Le CHUV et l’EPFL ont trouvé un anticorps monoclonal très puissant ciblant la protéine Spike du covid, qui pourrait largement neutraliser ses différents variants.

«Le développement de ce nouvel anticorps neutralisant marque une étape décisive dans la lutte contre la pandémie de Covid-19», indiquent mardi le CHUV et l’EPFL dans un communiqué commun. «Il ouvre la voie à une amélioration de la prise en charge des formes sévères de la maladie et à de nouvelles mesures prophylactiques prometteuses, en tant que médicament, en particulier pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli», disent-ils.

L’anticorps découvert pourrait aussi être utilisé dans le cadre d’une thérapie combinée pour réduire la sévérité de la maladie chez les personnes infectées, affirment-ils. Les essais cliniques doivent démarrer fin 2022. Cette découverte n’a cependant pas vocation à remplacer la vaccination, qui reste le moyen le plus efficace de se protéger contre l’infection, insistent le CHUV et l’EPFL.

L’anticorps est l’un des plus puissants identifiés à ce jour contre le virus SARS-CoV-2, selon ces travaux publiés dans la revue Cell Reports. «Son analyse structurelle montre qu’il se lie à un endroit qui n’est pas sujet aux mutations sur la protéine virale Spike. Grâce à cette interaction étroite, l’anticorps bloque efficacement la liaison de la protéine Spike aux cellules exprimant les récepteurs ACE2, qui sont la cible du virus pour entrer et infecter les cellules du poumon», détaillent-ils.

L’anticorps arrête ainsi le cycle de réplication virale et conduit à l’élimination du virus par le système immunitaire. Cet effet protecteur a été démontré in vivo, lorsque des hamsters traités par l’anticorps étaient protégés de l’infection après avoir été exposés à une dose hautement infectieuse de virus. Au-delà de l’activité antivirale, les chercheurs ont conçu l’anticorps pour qu’il ait une durée d’action prolongée chez l’homme.


 

■ CureVac abandonne son candidat-vaccin

Le laboratoire allemand CureVac a annoncé l’abandon du développement de son premier candidat-vaccin contre le Covid-19, initialement porteur d’espoir mais dont l’efficacité s’est révélée décevante. L’entreprise spécialiste de l’ARN messager va «se focaliser sur le développement d’un vaccin contre le Covid-19 sur la deuxième génération» sur lequel il travaille avec le Britannique GSK et va donc «retirer» le candidat actuel de la procédure d’examen en continu de l’Agence européenne des médicaments (EMA).

Cela «met fin» à l’accord de pré-commandes portant sur 405 millions de doses avec l’Union européenne, précise le laboratoire, qui poursuit toutefois les discussions avec Bruxelles sur la deuxième génération de vaccin. La Suisse avait de son côté commandé 5 millions de doses de ce vaccin.


■ La pandémie dans le monde

Nouvelles mesures, nouveaux bilans: un point sur les dernières évolutions

  • Un confinement tardif, de «grosses erreurs», l'«un des plus importants échecs de santé publique»… Au Royaume-Uni, des milliers de morts auraient pu être évitées estime un rapport publié ce mardi 12 octobre.  L’étude, réalisée par deux commissions parlementaires après des mois d’auditions, explique que le gouvernement conservateur de Boris Johnson, suivant l’avis de scientifiques, a adopté une «approche graduelle et progressive» plutôt que d’instaurer rapidement un confinement.
  • Produire davantage et «redevenir une grande nation d’innovation»: le président français Emmanuel Macron a levé le voile ce mardi sur un plan d’investissement de 30 milliards d’euros, se fixant pour objectif de gagner la «bataille de l’indépendance» d’ici 2030.  La crise sanitaire «nous a fait toucher du doigt notre vulnérabilité», et «notre dépendance vis-à-vis de l’étranger», déclare le chef de l’Etat. Il faisait ici référence à la pénurie de masques au début de pandémie ou encore à l’incapacité de la France à faire émerger un vaccin contre le Covid-19.
  • Les Etats-Unis sont le pays le plus endeuillé par cette épidémie avec 714 060 morts, suivis par le Brésil (601 213), l’Inde (450 963), le Mexique (282 227) et la Russie (218 345)*

*L’OMS estime, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée au Covid-19, que le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé


■ A Londres, le Nouvel An aura lieu sans feu d’artifice

Le feu d’artifice du Nouvel An a été annulé pour la deuxième année consécutive, indique ce mardi la mairie de la capitale britannique.

En raison de l’incertitude provoquée par la pandémie de Covid-19, notre célèbre spectacle du Nouvel An n’aura pas lieu cette année sur les rives de la Tamise», déclare son porte-parole, Sadiq Khan.

La ville étudie un certain nombre d'«options intéressantes» pour le remplacer, ajoute-t-il tout en promettant que «Londres accueillera la nouvelle année de manière spectaculaire.»

Avant la pandémie, Londres organisait chaque année d’impressionnants feux d’artifice attirant une foule immense autour du London Eye. L’an dernier ils avaient été remplacés par des feux d’artifice impromptus et des jeux de lumières.


■ Amendes pour les voyageurs qui n’ont pas rempli le formulaire

Près de 200 amendes d’un montant de 100 francs chacune ont été remises à des vacanciers rentrant en Suisse parce qu’ils n’avaient pas rempli le formulaire d’entrée en ligne de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Depuis l’introduction de cette disposition le 20 septembre dernier, 900 000 de ces formulaires ont déjà été utilisés.

Toutes les personnes qui entrent en Suisse – qu’elles soient vaccinées, en voie de guérison ou testées – doivent remplir un formulaire. Cela peut se faire en ligne ou en version papier au plus tôt 48 heures avant le voyage», précise l’OFSP.

Le Conseil fédéral a choisi cette option pour éviter une hausse des infections au Covid-19 après les vacances d’automne pour éviter une hausse des contaminations. Elle permet aux cantons de vérifier par sondage si les personnes, qui doivent passer un second test parce qu’elles ne sont pas guéries du Covid-19 ou n’ont pas été vaccinées, l’ont effectivement fait. Selon l’OFSP, les formulaires sont conservés pendant 14 jours.

Lire aussi: Un formulaire ou un test pour entrer en Suisse

Des personnes sont exemptées de cette obligation: les frontaliers, les voyageurs en transit qui ne font pas escale en Suisse, les professionnels qui transportent des passagers ou des marchandises, ainsi que les enfants et adolescents de moins de 16 ans.


■ Le point sur la situation en Suisse

Le chef de la section Gestion de crise et coopération internationale à l’OFSP, Patrick Mathys, a ouvert la conférence de presse de ce jour en indiquant que le nombre de nouvelles infections se stabilise. «Sauf dans certains cantons, notamment dans la région alpine, où le nombre de cas augmente à nouveau.»

Il précise que «les moins de 20 ans» sont les principaux concernés. Chez les jeunes entre 10 et 19 ans, l’incidence est 50% plus élevée que dans les autres catégories de la population.

Concernant les hospitalisations, Patrick Mathys, souligne que 70% des places en soins intensifs sont occupées et que les patients Covid représentent environ 17% de celles-ci. «L’âge médian est de 57 ans, complète-t-il. La majorité des patients hospitalisés ne sont pas vaccinés.» Ce mardi 11 octobre, 65% de la population suisse a déjà reçu une première dose de vaccin contre le Covid-19.

Patrick Mathys déclare que l’injection d’une troisième dose est en cours de discussion, mais qu’aucune décision n’a encore été prise.

Linda Nartey, médecin cantonale du canton de Berne et vice-présidente de l’association des médecins cantonaux, poursuit cette conférence en pointant la réalisation des tests et la délivrance des certificats covid. Ceux-ci «ne peuvent être délivrés que par des professionnels de santé enregistrés auprès du canton, rappelle-t-elle. Seulement, nous avons remarqué que ces personnes peuvent déléguer leur réalisation à d’autres personnes.»

Sur ce sujet: Quatre faussaires de certificats covid arrêtés à Genève

Elle ajoute qu’elle souhaite «éviter que la lutte contre la pandémie ne soit compromise par des tests [mal réalisés]. La population non vaccinée devrait avoir accès à des tests de qualité.»


■ Ces 24 heures, la Suisse compte 923 nouveaux cas de coronavirus

Selon les chiffres de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), la Suisse compte mardi 923 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures. On déplore neuf décès supplémentaires et 39 malades ont été hospitalisés.

  • Durant les dernières 24 heures, les résultats de 23 882 tests ont été transmis
  • Le taux de positivité s’élève à 3,86%
  • Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d’infections est de 13 040, soit 150,84 nouvelles infections pour 100 000 habitants
  • Le taux de reproduction – qui a un délai d’une dizaine de jours – est de 0,89
  • Les patients Covid-19 occupent 16,90% des places disponibles en soins intensifs, dont le taux d’occupation est de 70,50%
  • Le pays dénombre par ailleurs 8386 personnes en isolement
  • 5889 individus faisant partie de leurs contacts ont été mis en quarantaine
  • 60,5% de la population suisse est entièrement vaccinée

■ La conférence de presse de l’OFSP

L’Office fédéral de la santé publique va tenir sa conférence hebdomadaire sur la situation épidémiologique en Suisse, ce jour à 14 heures.


■ Les opposants à la loi Covid-19 dénoncent un durcissement excessif

Discrimination, vaccination forcée ou encore surveillance de masse: les opposants à la loi Covid-19 ne mâchent pas leurs mots contre le texte. Ils ont présenté mardi leurs arguments contre les modifications de mars, soumises le 28 novembre au peuple. La loi divise la société en deux, dénoncent-ils sur leur site Internet. Les personnes non vaccinées sont victimes de discrimination. Elles doivent se faire dépister à leurs frais lorsqu’elles veulent prendre l’avion ou participer à la vie sociale. Les opposants au texte s’insurgent également contre une «surveillance de masse électronique», à l’image de ce qu’il se passe en Chine. Ils voient encore dans la loi une extension des pouvoirs du Conseil fédéral aux dépens du Parlement et des citoyens.

Des arguments déjà réfutés par le gouvernement, soutenu par tous les partis à l’exception de l’UDC. A ses yeux, la loi Covid-19 est le principal instrument de lutte contre les conséquences sociales et économiques de la pandémie. Plusieurs aides financières ont été étendues avec les modifications de mars. Le certificat Covid a quant à lui permis à la population de retrouver une vie sociale aussi normale que possible, a-t-il souligné. L’alternative serait de fermer à nouveau des secteurs entiers et restreindre les activités sociales. Si le référendum est accepté en novembre, plus aucun certificat ne pourra être émis à partir du 19 mars 2022. Toutes les autres adaptations de mars tomberont également à cette date. Les autres mesures contenues dans la loi Covid-19 seraient maintenues.


■ Fabricant du vaccin de Moderna, le Bâlois Lonza précise ses objectifs de croissance

Le fournisseur de l’industrie pharmaceutique Lonza a précisé ses objectifs de croissance pour 2021 et annoncé de nouveaux pour le moyen terme dans le cadre de sa journée des investisseurs tenue ce mardi. Le groupe bâlois, sous-traitant entre autres du fabricant de vaccins contre le Covid-19 Moderna, prévoit des dépenses d’investissement (Capex) à hauteur de 25% des ventes pour l’année en cours. Lonza ambitionne d’ici 2024 d’enregistrer une croissance des ventes autour des 10% et une marge pour son bénéfice opérationnel brut (Ebitda) de base oscillant entre 33 et 35%.


■ Le gouverneur du Texas interdit l’obligation vaccinale

Le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, a annoncé lundi qu’il interdisait à l’intégralité des entités de son Etat, y compris aux entreprises privées, d’imposer une obligation vaccinale à leurs employés ou aux consommateurs. Cette décision intervient un mois après que Joe Biden eut déclaré que la vaccination serait obligatoire pour quelque 100 millions de travailleurs, fonctionnaires du gouvernement fédéral et salariés du privé. Son annonce avait suscité un tollé chez les républicains qui, au nom des libertés individuelles, ont immédiatement menacé d’entamer des poursuites en justice.

Greg Abbott, connu pour avoir été farouchement opposé à l’obligation de porter un masque, a été testé positif au Covid-19 en août, après avoir assisté à un événement public en salle. Le gouverneur est entièrement vacciné. Alors que ces décisions à contre-courant de l’obligation vaccinale et du port du masque lui ont valu le soutien des fidèles de l’ancien président Donald Trump, elles ont suscité de vives critiques de la part des démocrates texans.


■ L’Afrique du Sud planche sur le premier vaccin ARNm du continent

L’Afrique du Sud, qui milite pour un accès équitable aux vaccins anti-covid, s’est lancée dans la conception d’un premier vaccin africain à ARN messager (ARNm), pour mettre fin à la dépendance du continent vis-à-vis des pays riches. Soutenue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’entreprise sud-africaine de biotechnologie Afrigen, basée au Cap, mène un projet pilote pour reconstituer une formule proche du vaccin à ARNm de Moderna.

A ce jour, à peine 5% des Africains éligibles sont entièrement vaccinés. Largement à la traîne par rapport au reste du monde, l’Afrique est fortement dépendante des importations et des dons de doses par les pays riches. «Ce que nous recherchons, c’est un vaccin de deuxième génération», explique Martin Friede, coordinateur chargé des vaccins pour l’OMS à Genève. L’idée est de mettre au point un vaccin «plus adapté aux pays à faible revenu». Alors que les vaccins à ARNm existants doivent être stockés à basse température, la formule d’Afrigen ne nécessitera idéalement que peu ou pas de réfrigération.