Le commandant, son second, le propriétaire du navire ainsi que sept membres d’équipage, avaient été interpellés mercredi, soupçonnés de faux et usage de faux, selon le quotidien Kibris Postasi, qui n’a pas fourni plus de détails sur la nature des faux documents en question. Mais la télévision publique chypriote turque BRT a rapporté jeudi soir que, faute de preuves suffisantes, l’équipage a été relâché et que le C-Star allait pouvoir quitter le port chypriote turc de Famagouste. Une fois parti de Chypre-Nord, le navire devrait se rendre en Tunisie, a précisé Kibris Postasi.

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Le C-Star, affrété par le réseau européen «Génération identitaire» et en particulier ses antennes française, italienne et allemande, avait été immobilisé à Famagouste, mercredi. Selon le groupe d’extrême droite, le bateau avait déjà été bloqué une semaine au canal de Suez après que des ONG eurent accusé son propriétaire «d’avoir transporté des migrants», dans une tentative d’empêcher la mission.

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Demandes d’asile déposées

Une fouille des autorités égyptiennes n’a finalement rien donné, a indiqué à l’AFP Clément Galant, le responsable de l’antenne française de «Génération identitaire», dénonçant de nouvelles «pressions» de la part d’ONG à Chypre. Toujours selon Kibris Postasi, 20 personnes qui se trouvaient à bord du navire et qui se sont présentées comme des étudiants ont été emmenées à l’aéroport. Le journal ne précise pas quel sort leur est réservé, se bornant à indiquer que cinq d’entre elles avaient déposé une demande d’asile.

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Selon BRT, ces cinq personnes se sont vues accorder un visa de dix jours pour rester en République turque de Chypre du Nord (RTCN), reconnue uniquement par Ankara. Certains membres de l’équipage sont des Sri-Lankais qui se trouvaient «en formation» à bord du bateau, selon M. Galant, qui affirme qu’il ne s’agit pas de «clandestins».

Pas de «port sûr» en Libye

L’objectif de cette opération, baptisée «Defend Europe», est d’intercepter et reconduire vers la Libye les bateaux qui transportent des migrants clandestins. Or, les gardes-côtes italiens considèrent que la Libye n’offre pas de «port sûr» au regard du droit maritime et organisent toujours le transfert vers l’Italie des migrants secourus sous leur coordination. Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 111 000 migrants sont arrivés en Europe par la mer depuis le premier janvier, dont près de 93 500 en Italie. Plus de 2360 sont morts en tentant la traversée.

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