Il y a toujours moyen de voir ou de revoir le document diffusé le 7 octobre par Cash Investigation, l’émission d’enquêtes qui est de retour de France 2. «Industrie du tabac, la grande manipulation», revient sur le cas de l’ancien commissaire européen, le maltais John Dalli qui, couteau sur la gorge, a été forcé de démissionner de ses fonctions. C’était en octobre 2012.

Richement documentée, cette enquête de longue haleine ne laisse pas indifférent. Elle met en lumière la puissance des multinationales des cigarettes pour qui tous les moyens sont bons pour défendre leurs intérêts. L’enquête révèle comment ces entreprises qui brassent beaucoup d’argent, financent le budget de la Commission européenne. Des milliards sont ainsi versés chaque année selon des contrats à long terme, mais opaques.

Le lobby du tabac scrute tout projet de loi au niveau européen qui concerne cette industrie, fait tout pour le tuer dans l’œuf si celui-ci tend à freiner son activité et, grâce à ses bons relais au sein du parlement, écrit et impose ses amendements. Il fiche les députés européens selon s’ils sont pro ou anti-tabac. L’étiquetage va plus loin avec des mentions comme «en recherche de légitimité politique», «à surveiller de près», très bon orateur».

John Dalli a payé de sa personne parce qu’il défendait le projet de paquet sans marque. Ce qui n’est pas au goût des cigarettiers. Convoqué par Jose Manuel Barroso, président de la Commission, il n’a même pas eu droit à des explications. Les services de presse avaient déjà préparé deux communiqués, le premier annonçant une démission volontaire, le second affirmant qu’il a été débarqué pour faute professionnelle. A ce propos et c’est glaçant, Cash Investigation révèle des documents de l’industrie du tabac qui appelle sans aucune ambiguïté à «cibler le commissaire». Le Maltais a maintenant intenté un procès à son ancien patron.

Document à voir et affaire à suivre.