Le cinéma allemand réunifié

Andreas Dresen,

un nouveau regard venu de l’Est

En plein boom depuis dix ans, le cinéma allemand a mis du temps à digérer la réunification. Et même si ce fut largement aux dépens des cinéastes de l’Est, simplement rayés de la carte, personne n’incarne mieux ce double phénomène qu’Andreas Dresen, né à Gera près de Leipzig en 1963.

Parmi les derniers cinéastes formés dans l’ex-RDA, Dresen est le plus réaliste: encore au stade des courts-métrages au moment de la chute du Mur, il décide de creuser son sillon en se faisant le porte-parole des petites gens de l’Est. En 1992, son premier long métrage, Stilles Land, est ainsi l’un des meilleurs témoignages de l’enthousiasme tout relatif qui accueillit die Wende. Sept ans et beaucoup de télévision plus tard, Nachtgestalten confirme son originalité.

Avec Dresen, l’Allemagne tient son Mike Leigh, un observateur à la fois réaliste, ironique et affectueux de réalités sociales le plus souvent ignorées. Sept films ont suivi, rencontrant un succès croissant, dont Halbe Treppe, Willenbrock, Sommer vom Balkon et le documentaire politique Denk ich an Deutchland.

En Suisse, c’est seulement avec Septième Ciel (Wolke 9, 2008), sur un triangle amoureux du 3e âge, que Dresen s’est fait connaître. Il lui reste à atteindre la dernière marche, celle des auteurs en compétition à Cannes ou à Venise. Mais qu’il y arrive ou pas, c’est apparemment chez lui qu’on trouve le meilleur reflet de l’Allemagne d’aujourd’hui à l’écran.