Agé de 75 ans, M. Le Guennec assure que ces œuvres inconnues du maître, décédé en 1973, lui ont été offertes par l’artiste et sa compagne. Mais les témoins qui se sont succédé devant le tribunal correctionnel de Grasse (sud-est) ont formellement exclu cette hypothèse.

Jeudi, le représentant du ministère public, Laurent Robert, a estimé que «nous avons affaire à un délit particulier, au préjudice de l’humanité», car «le monde entier a été privé pendant 40 ans de ces œuvres».

Il a également estimé que les époux Le Guennec avaient porté préjudice à «la confiance» et à «la mémoire» de Pablo Picasso.

Il a néanmoins appelé à une sanction «fruit de l’équilibre», en parlant de prévenus «totalement dépassés» qui «n’ont pas gagné d’argent avec cette affaire». «On peut être d’honnêtes personnes au cours d’une vie et commettre une faute, un dérapage», a-t-il concédé.

En dépit de leurs dénégations, «je n’ai aucun doute de la culpabilité des époux Le Guennec», a-t-il dit, en reprenant de nombreux témoignages du procès de trois jours.

Il a notamment jugé que «la quantité des œuvres est incompatible avec toute notion de don».

Dans les maisons de Pablo Picasso, «il y a des milliers d’œuvres, il y en a partout, la disparition d’un carton n’est pas nécessairement remarquée», estime le procureur.

Mais «aucun élément de l’enquête n’a permis de confondre l’auteur de ce ou ces vols», a-t-il rappelé.

La découverte publique de ce trésor inédit remonte à 2010, quand Pierre Le Guennec a voulu faire authentifier les œuvres, après avoir remisé la boîte dans son garage pendant quatre décennies. Les héritiers de Pablo Picasso se sont alors portés partie civile, avec la certitude que les œuvres avaient été volées.

L’enjeu financier et patrimonial est de taille: les 271 œuvres (petites toiles, lithographies, collages, dessins), échelonnées de 1900 à 1932, sont en parfait état de conservation.