Somalie

Au moins cinq morts dans une attaque de shebab contre l'hôtel SYL, en Somalie

L'attaque a été perpétrée mardi soir par un commando des islamistes radicaux shebab contre un hôtel de Mogadiscio. Après plusieurs heures de siège, la police somalienne est parvenue à les neutraliser, 80 personnes ont été secourues

Cinq personnes ont été tuées - trois civils et deux membres des forces de sécurité - et onze blessées (dont neuf civils) dans l'attaque perpétrée mardi soir par un commando des islamistes radicaux shebab contre un hôtel du centre de Mogadiscio, a indiqué mercredi la police somalienne. L'attaque a débuté aux alentours de 19 heures (17 heures en Suisse): selon plusieurs témoins interrogés par l'Agence France-Presse (AFP), les assaillants étaient vêtus d'uniformes de police, ce qui leur a permis d'approcher de l'hôtel sans éveiller les soupçons.

Ils ont alors ouvert le feu et fait usage de grenades, déclenchant la riposte armée des forces de sécurité affectées aux barrages routiers menant à la présidence somalienne voisine.

Après plusieurs heures de siège, la police somalienne est parvenue à neutraliser les deux derniers membres des shebab retranchés à l'intérieur de l'hôtel SYL, régulièrement fréquenté par des dignitaires et déjà pris pour cible par les shebab. «Nos valeureuses forces de sécurité ont mis fin à l'attaque terroriste contre l'hôtel SYL, après avoir secouru plus de 80 personnes», a annoncé la police dans son communiqué.

Une attaque revendiquée par les shebab

Les «cinq» membres du commando shebab ont été tués, rapporte le communiqué. La police avait fait état d'un commando de quatre membres dans un premier temps. Contrairement à un mode opératoire éprouvé, les shebab n'ont pas fait usage d'un véhicule piégé pour débuter leur attaque et tenter ainsi d'ouvrir une brèche dans le mur d'enceinte du bâtiment visé, a relevé un responsable policier, Suleyman Adan. «Donc il semble que les assaillants aient changé de tactique. Il leur a été facile de se déguiser pour pénétrer dans une zone de premier plan» et très contrôlée.

Le responsable a ajouté que les unités de police impliquées dans l'opération avaient tiré profit des portes de service et de secours de l'hôtel pour sortir et sécuriser un grand nombre de clients de l'hôtel qui était presque complet au moment des faits.

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Peu après l'entrée en action de leur commando, les shebab avaient revendiqué l'attaque dans un communiqué, comme à leur habitude. Ils affirmaient «avoir mené une opération qui s'est déroulée comme planifiée», sans toutefois donner de précisions.

Plusieurs témoins ont décrit à l'AFP les scènes de panique au début de l'attaque. «Trois de mes amis se trouvaient à l'intérieur de l'hôtel quand l'attaque a débuté mais rapidement, ils se sont échappés. L'un d'eux souffre d'une fracture après avoir sauté par-dessus le mur d'enceinte», a témoigné à l'AFP Ali Moalim Nur.

L'hôtel SYL ciblé par de nombreux attentats

L'hôtel SYL est situé à proximité de l'enceinte ultra-sécurisée de la Villa Somalia, un complexe fortifié abritant la présidence somalienne et les bureaux du Premier ministre. C'est la quatrième fois depuis 2015 qu'il est visé par une attaque des shebab. En janvier 2015, une première attaque avait fait cinq victimes somaliennes alors que l'hôtel abritait les membres de la délégation turque préparant une visite à Mogadiscio du président Recep Tayyip Erdogan.

L'établissement avait une nouvelle fois été visé le 26 février 2016 par un attentat qui avait fait 14 victimes. Un camion et un autre véhicule piégés avaient alors explosé à quelques minutes d'intervalle à proximité de l'hôtel et d'un jardin public attenant très prisé des habitants de la ville, le Peace Garden. Fin août 2016, un attentat à la voiture piégée avait partiellement détruit l'établissement et fait 15 morts.

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Les shebab, qui ont prêté allégeance à Al-Qaïda, ont juré la perte du gouvernement somalien. Confrontés à la puissance de feu supérieure de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), déployée en 2007 en Somalie, ils ont été chassés de Mogadiscio en août 2011. Ils ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, prenant régulièrement pour cible les hôtels et les restaurants les plus en vue de Mogadiscio.

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