Septante-quatre ans après la création de l’Etat hébreu, que dirait son fondateur David Ben Gourion? «Que c’est le balagan, le désordre absolu. Tout le monde en a marre!» se lamente Youval, une Israélienne de Tel-Aviv qui suit avec passion la politique de son pays. Ces derniers mois, c’est un job à temps plein. Le dernier rebondissement? L’annonce, lundi soir, du premier ministre Naftali Bennett. Affirmant, aux côtés du centriste Yaïr Lapid à qui il va confier le rôle de premier ministre selon un tournus convenu, avoir «épuisé les options permettant de stabiliser» la coalition, il annonçait un vote visant à dissoudre la Knesset la semaine prochaine. Une décision qui permet de renouveler automatiquement les lois d’urgence qui permettent aux Israéliens des territoires occupés de vivre sous la législation civile. Entrepreneur de la droite religieuse, Bennett y tenait. L’annonce permet aussi de couper l’herbe sous le pied des députés démissionnaires, insatisfaits de ce gouvernement patchwork réunissant gauche, centre, Arabes israéliens et droite religieuse. Voici donc Israël précipité dans un cinquième round de votations en trois ans et demi, si, comme tout l’indique, les députés acceptent de prendre cette direction. Le scrutin devrait se tenir le 25 octobre, juste après la fin des fêtes juives solennelles de l’automne.