Depuis la fin du mois de novembre, un épisode de pollution majeure aux particules fines touche la Vallée de l'Arve qui s'étend d'Annemasse à Chamonix. Des conditions anticycloniques et l'absence de vent qui ne disperse par les polluants expliquent ce phénomène, selon les services de la Préfecture de Haute-Savoie. En réponse, le préfet Pierre Lambert a présenté vendredi soir aux élus de de la Vallée une série de mesures d'urgence.

Circulation alternée dès mardi

À compter du mardi 13 décembre, les poids-lourds rouleront en circulation alternée à partir de Magland. Les camions avec une plaque impaire circuleront les jours impairs et les camions avec une plaque paire rouleront les jours pairs. Les poids-lourds les plus polluants pourront également être interdits à proximité des maisons de retraite et des écoles. Les maires auront la possibilité de mettre en œuvre des zones de circulation restreinte. Par ailleurs, les contrôles de vitesse vont être renforcés.

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Le réseau autoroutier est limité à 110 km/h. La mesure est active depuis le début du mois de novembre et près de 900 véhicules ont déjà été verbalisés. Les entreprises seront aussi concernées puisque il leur sera demandé de réduire leurs activités les plus émettrices en particules fines.

Les chaudières à bois montrées du doigt

La société Sitom qui collecte les ordures ménagère s'est ainsi engagée à limiter le volume de déchets incinérés puis transportés jusqu'à l'usine d'incinération de Passy, au pied du Mont-Blanc. Le préfet demande enfin aux habitants de ne plus utiliser leur chaudière au bois, sauf s'il n'existe aucun moyen alternatif pour se chauffer. Plus de la moitié des émissions de particules fines proviennent de ce type de chauffage. Les Hauts-Savoyards sont également invités à limiter leurs activités sportives et aérer régulièrement leurs habitations.

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Pas sûr que ces décisions apaisent une population mobilisée chaque année à cette époque contre une pollution «constante». Un appel sur les réseaux sociaux a rassemblé un millier de personnes exaspérées mercredi soir devant la mairie de Sallanches. Autant le lendemain à Chamonix.

«Les élus doivent proposer des solutions de mobilité durable, développer les transports en commun et relancer l'Autoroute ferroviaire alpine afin de soulager la vallée d'une partie de trafic des poids lourds en transit» suggère dans un communiqué l'association Inspire Environn'MontBlanc. Dans une lettre ouverte, Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais, justifie son boycott de la réunion du Préfet vendredi à Annecy «pour ne pas surcharger la pollution déjà existante».

Demandes d'une plus grande fermeté

L'édile exige des mesures plus fortes comme l'interdiction de tous les camions et véhicules polluants avec contrôle par la gendarmerie et l'interdiction à la SNCF de faire circuler des bus à la place des trains. «50% des trains sont actuellement remplacés par des bus polluants» affirme-t-il.

Étonnamment, Genève (tout comme Annemasse) semble épargnée. Les   valeurs de particules fines sont largement en dessous des seuils d’alerte, selon  le service de l’air, du bruit et des rayonnements non ionisants.

Des pistes peuvent expliquer ce constat assez général sur la Suisse romande : moins d'automobiles diesel, des systèmes de chauffage beaucoup plus contrôlés qu'en France et un brassage d’air un peu plus important que dans la Vallée de l'Arve. Le site ge.ch/air/ qui fournit des informations sur la qualité de l'air à Genève indique que la pollution est modérée ce samedi après-midi en milieu urbain et faible à la campagne.