Pendant que les Etats-Unis commémoraient samedi les 20 ans des attentats du 11-Septembre, à Kaboul c’était le silence radio. La journée aurait dû être marquée par l’investiture du gouvernement dévoilé mardi, mais cela n’a pas été le cas. Les talibans et les différentes factions qui composent le mouvement semblent avoir encore besoin d’un peu de temps pour consolider leur pouvoir. Mais l’un des visages du nouvel exécutif sort d’ores et déjà du lot: le ministre de l’Intérieur, Sirajuddin Haqqani.

L’homme figure sur la liste noire des services de renseignements américains, qui le considèrent comme un terroriste. Il est à la tête d’un clan crucial en Afghanistan, longtemps proche d’Al-Qaida. Il y a quelques semaines à peine, approcher les Haqqani aurait été chose impossible. Tous vivaient cachés, certainement au Pakistan ou dans les montagnes des provinces afghanes de Paktia ou de Khost. L’organisation – le «réseau Haqqani» – est la plus crainte en Afghanistan. Elle est accusée d’avoir commis les actes terroristes les plus cruels de la longue guerre qui vient de se terminer. Jusqu’à récemment, ses membres, lorsqu’ils tombaient aux mains des forces de l’OTAN ou des services secrets de l’ancienne république islamique, le NDS, savaient qu’ils seraient torturés pendant des jours. Les voici représentés au sein du cabinet des ministres.