Le médiateur de l’Union africaine (UA) pour la crise ivoirienne, le Premier ministre kényan Raila Odinga, se rendra pour la deuxième fois en Côte d’Ivoire «jeudi ou vendredi», a annoncé ce mardi son porte-parole. «Il s’entretiendra d’abord avec le président de la commission de l’UA Jean Ping mercredi à Nairobi, avant de partir pour la Côte d’Ivoire», a ajouté Dennis Onyango.

Hier l’ex-président nigérian Olusegun Obasanjo a quitté Abidjan après deux jours de médiation pour tenter de trouver une issue à la crise opposant les deux présidents ivoiriens proclamés, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, a indiqué une source diplomatique nigériane. L’ancien chef d’Etat a effectué cette visite surprise dans la plus grande discrétion, et n’a pas fait de déclaration publique. Après de premiers tête-à-tête avec les deux rivaux dans la foulée de son arrivée samedi, il a revu successivement MM. Gbagbo et Ouattara dimanche.

Deux analyses pour une visite

L’ex-dirigeant du Nigeria a expliqué à M. Gbagbo «le caractère inéluctable de l’alternance» au sommet de l’Etat ivoirien et exprimé à M. Ouattara «le soutien fort de la communauté internationale», a affirmé à l’AFP une source diplomatique africaine.

Le ministre des Affaires étrangères de M. Gbagbo, Alcide Djédjé, a assuré au contraire que M. Obasanjo avait effectué une mission «non officielle» et qu’il était venu «en ami de la Côte d’Ivoire» sans «solution» toute faite.

Un gouvernement de coalition?

Alors que la sitation paraît toujours bloquée, une déclaration pourrait changer la donne. Alassane Ouattara est prêt à travailler avec le camp de Laurent Gbagbo pour former un gouvernement d’union nationale, si ce dernier renonce à revendiquer la présidence de Côte d’Ivoire, a ainsi déclaré lundi à la BBC l’ambassadeur nommé auprès de l’ONU par M. Ouattara.

«Ce que je dis, c’est que M. Ouattara doit être reconnu comme président légitime par M. Gbagbo», a déclaré à la radio britannique l’ambassadeur pro-Ouattara Youssoufou Bamba. «Et à partir de là, M. Gbagbo n’est pas seul. Il a des partisans, il a des gens compétents dans son parti. Nous sommes prêts à travailler avec eux, dans le cadre d’un large gouvernement d’union», a-t-il ajouté.

M. Ouattara pourrait «travailler» avec M. Gbagbo, «parce qu’il est citoyen ivoirien», a expliqué le diplomate. Mais, a-t-il aussitôt ajouté, «ce que je dis doit être clair: la victoire de M. Ouattara ne peut plus être contestée». «Si M. Gbagbo accepte cela, nous pourrions négocier», ce serait «un point de départ» pour des négociations, a encore dit M. Bamba.

«Je pense qu’à partir de là, tout est ouvert. C’est sur la table», a insisté le diplomate, le premier nommé par M. Ouattara, à la fin décembre.