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Un bureau de vote à Paris, 23 avril 2017.
© FRANCOIS MORI

Sondages

Claude Longchamp: «Les sondeurs français ne se sont plus trompés depuis 15 ans»

Brexit, Donald Trump, François Fillon… L’année passée, les instituts de sondages se sont parfois fourvoyés. Attendues au tournant de l’élection française, leurs prédictions pour le premier tour ont été étonnamment précises

Certains protagonistes jouaient leur avenir politique, les instituts de sondage misaient leur crédibilité. Eux qui n’ont pas vu venir Brexit, se sont fourvoyés sur l’élection de Donald Trump et n’ont guère prévu la fulgurance de Fillon aux primaires de la droite: ils ont finalement leur revanche. Les derniers sondages publiés vendredi donnaient Emmanuel Macron entre 23% et 24%, Marine Le Pen entre 22% et 23%, François Fillon entre 19% et 21% et Jean-Luc Mélenchon entre 18% et 19,5%.

Lire notre dossier dédié à l’élection française.

Echec du Big Data?

Ces taux sont assez proches des résultats finaux de dimanche. Les sondeurs s’en félicitent et sont particulièrement fiers du fait que les agences de Big Data n’arrivent apparemment pas à imiter leur succès. Car le duel entre les instituts traditionnels et les agences d’analyse de données sur le Web s’annonçait pourtant chaud:

La prudence était de mise. Avec un taux d’indécis fluctuant, plus d’uns anticipait une surprise, qui finalement n’a pas eu lieu. Que faut-il en conclure? Claude Longchamp, politologue et président du conseil d’administration de l’institut de sondages GFS revient sur ce succès des sondeurs traditionnels français:

Le Temps: Les sondeurs ont été vivement critiqués après l’échec à prévoir le Brexit et la victoire du candidat Trump. Comment s’explique la pertinence de leurs résultats pour le premier tour en France?

Claude Longchamp: Les sondeurs français ne se sont plus trompés depuis 15 ans. La dernière fausse estimation pour les présidentielles date de 2002. Et il ne faut pas non plus oublier que plusieurs scrutins ont eu lieu après novembre passé en Europe, notamment en Autriche, Espagne et Pays-Bas pour lesquels les instituts de sondage étaient justes dans leurs prévisions.

– Comment expliquez-vous le succès des sondeurs français, avec des prévisions fiables depuis une quinzaine d’années?

– Ces instituts ont leur propre manière de travailler. Car par rapport aux Américains ils sont moins spéculatifs, et plus solides. Ils ont compris que des calculs de probabilités ne fonctionnent pas. De plus, ils se basent en priorité sur des données prenant en compte des spécificités régionales et sociologiques du pays. Tout ceci permet d’atteindre une plus grande fiabilité.

– Pour le scrutin français, les sondeurs ont appliqué pour la première fois des sondages quotidiens. Est-ce que cette nouveauté a eu une incidence sur la précision de leur travail?

– Avec des sondages quotidiens, vous avez l’avantage de pouvoir immédiatement mesurer l’effet d’un événement. Aussi, on a plus de données à disposition, ce qui fait qu’on atteint une plus forte précision. Pour l’électorat d’Emmanuel Macron, ce fut par exemple l’annonce du soutien de François Bayrou. On pouvait donc suivre jour au jour l’effet de cette annonce sur les électeurs. Pareil pour le duel Mélenchon-Hamon, après le premier débat télévisé. Et on peut aussi savoir s’il n’y a pas d’effet du tout, ou peu. Comme c’était le cas après l’attentat de jeudi passé à Paris pour lequel aucun effet n'a pu être constaté.

– Des méthodes qui font donc la différence. Qu’est-ce qui distingue les sondeurs traditionnels d’agences comme par exemple Filteris, spécialiste de l’analyse de l’opinion sur Internet (BigData) et qui donnait François Fillon comme homme fort du premier tour?

– La précision de l’analyse de l’opinion sur les réseaux dépend de ce que vous voulez mesurer: la présence ou l’interaction. Filteris ne mesure que la présence, donc les mots-clés recherchés sur le Net et dans les réseaux. Ce qui peut expliquer d’ailleurs en partie la plus grande marge d’erreur de Filteris – qui peut aller jusqu’à 2% – par rapport aux sondeurs traditionnels.

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