Face au tollé provoqué par l’exécution ratée de Clayton Lockett en Oklahoma, largement couvert par les médias, beaucoup de questions demeurent. Après l’injection d’un premier produit, le médecin en charge a déclaré le condamné à mort inconscient après dix minutes. Or, après l’injection de deux autres produits, il était évident qu’il n’était pas inconscient. Quand le médecin s’est rendu compte que l’exécution avait échoué, il a demandé de tirer les rideaux pour empêcher le public de voir la scène.

Les médias américains s’interrogent désormais. L’Afro-Américain Clayton Lockett, qui a été condamné pour avoir violé et tiré sur une jeune fille de 17 ans qu’il a ordonné d’enterrer vivante, est-il vraiment mort d’une crise cardiaque massive comme l’ont déclaré les autorités d’Oklahoma? Les produits injectés peuvent, il est vrai, avoir pour conséquence une crise cardiaque. Mais derrière le secret des rideaux, beaucoup s’interrogent. L’ont-ils exécuté en secret par d’autres moyens qui ne seraient pas légaux, sachant qu’en cas d’exécution ratée le condamné ne peut plus être soumis à une telle condamnation à mort? Le corps de Clayton Lockett fait désormais l’objet d’une autopsie au Texas qui livrera un verdict prochainement.

Selon le «Washington Post», Clayton Lockett a de plus été passé au Taser le matin même de son exécution, car il refusait de passer aux rayons X, une procédure obligatoire. De plus, les médecins ont placé un cathéter non pas dans les deux bras, comme le protocole l’impose, mais sous l’aine, dans l’artère fémorale. Selon le chef des prisons Robert Patton, le condamné à mort s’est délibérément coupé au bras droit avant le lever du jour et a refusé de manger quoi que ce soit avant son exécution. Le médecin en charge de l’exécution n’a pas pu localiser une veine valable pour y installer les cathéters.