Les experts le répètent sans cesse: une coopération approfondie pour lutter contre le réchauffement climatique entre les deux plus grandes économies mondiales pourrait produire des effets considérables. Non pas que celle-ci ait été inexistante.

Au cours du premier mandat de Barack Obama, plusieurs initiatives de coopération énergétique sino-américaines ont été prises. C’est ainsi que virent le jour le US-China Clean Energy Research Center et le Partenariat sino-américain pour les énergies renouvelables. Mais les conflits commerciaux entre la Chine et les Etats-Unis ont miné la collaboration. Le secteur américain de l’acier en est une illustration. Il porta ainsi plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), contre les subventions de l’Etat chinois aux fabricants d’éoliennes.

Le sommet Xi-Obama s’inscrit, d’ailleurs, dans une dynamique nouvelle. En avril, les deux plus grands émetteurs de gaz à effet de serre de la planète (40% du total) ont conclu un accord pour aller de l’avant. Un groupe de travail dénommé «Changement climatique», créé après la visite du secrétaire d’Etat John Kerry à Pékin, est déjà opérationnel, sous la responsabilité de l’Américain Todd Stern et du Chinois Xie Zhenhua.

Pour les experts, il y a urgence. Selon l’Agence internationale de l’énergie, le passage à des énergies pauvres en carbone est beaucoup trop lent pour lutter contre le réchauffement climatique. Il n’a progressé que de 1%. Aujourd’hui, la Chine connaît une pollution de l’air très préoccupante. Les émissions de CO2 chinoises progressent de 8 à 10% par an, en raison d’un recours accru au charbon. En 2012, la Chine a augmenté la production électrique de 50 gigawatts grâce au charbon. Pour éviter de telles dérives, plusieurs experts aux Etats-Unis lancent un appel. Ils estiment que l’Amérique doit partager sa technologie de fracturation hydraulique pour exploiter les gaz de schiste avec la Chine, dont les réserves seraient deux fois plus importantes qu’aux Etats-Unis. Elle pourrait ainsi réduire sensiblement, comme l’a fait l’Amérique, ses émissions de CO2 en produisant de l’électricité au moyen du gaz à la place du charbon.