La coalition dirigée par l'Arabie saoudite a rejeté lundi la déclaration d'autonomie des séparatistes du sud du Yémen et exigé «la fin de toute action entraînant une escalade» du conflit dans ce pays exsangue, frappé par une grave crise humanitaire. La décision des séparatistes complique le conflit mené par la coalition et le gouvernement reconnu internationalement, contre les rebelles Houthis qui contrôlent une grande partie du nord.

Les séparatistes du Yémen ont signé un accord de partage du pouvoir à Riyad en novembre dernier, qui a permis d'étouffer une bataille - appelée «guerre civile dans la guerre civile» - pour le sud qui les avait vus prendre le contrôle en août d'Aden, la deuxième ville du pays. «A la suite de l'annonce surprenante de l'état d'urgence par le conseil de transition du sud, nous insistons à nouveau sur la nécessité de mettre en oeuvre rapidement l'accord de Riyad», a déclaré la coalition emmenée par l'Arabie saoudite.

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Le pacte de Riyad sur le partage du pouvoir pour le sud avait été salué comme évitant l'éclatement complet du pays, mais en l'absence de mise en oeuvre, des observateurs l'ont déclaré caduc.

La coalition plaide pour un retour à l'accord

Le conseil de transition du sud (STC), qui est soutenu par les Emirats arabes unis, partenaire clé de la coalition, a proclamé dimanche l'autonomie du sud du Yémen, accusant le gouvernement de ne pas remplir ses devoirs et de «conspirer» contre la cause du sud.

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De son côté, la coalition a affirmé qu'elle avait pris et continuerait de prendre «des mesures pratiques et systématiques pour mettre en oeuvre l'accord de Riyad entre les parties, afin d'unifier les rangs yéménites, de restaurer les institutions de l'Etat et de combattre le fléau du terrorisme». 

Dimanche, des habitants d'Aden ont fait état de déploiements importants des forces du STC dans la ville. Et une source séparatiste a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) qu'ils avaient mis en place des points de contrôle «dans toutes les installations gouvernementales, y compris la banque centrale et le port d'Aden».


Un pays endeuillé par les inondations et le Covid-19

Au moins 21 personnes ont été tuées lors d'inondations ce mois-ci, les rues d'Aden, la capitale temporaire dans le sud du Yémen, ayant été submergées et des maisons détruites. Les Nations unies ont déclaré dimanche que plus de 100 000 personnes au Yémen avaient été touchées par les pluies torrentielles qui ont endommagé des routes, des ponts et le réseau électrique, et contaminé les réserves d'eau.

«D'innombrables familles ont tout perdu», a souligné Lise Grande, coordinatrice humanitaire de l'ONU pour le Yémen. «Cette tragédie vient s'ajouter à la crise de Covid-19, qui vient s'ajouter à la pré-famine de l'année dernière, qui est venue s'ajouter à la pire épidémie de choléra de l'histoire moderne. La solution est claire. Les parties au conflit doivent trouver le courage d'arrêter les combats et de commencer à négocier.»