ONU

En colère, le personnel de l'ONU se met en arrêt de travail

Face à la décision de New York de réduire de 7,7% le salaire de quelque 5400 fonctionnaires onusiens à Genève, le Conseil de coordination du personnel de l’ONU a décidé d’arrêter de travailler cet après-midi l’espace de deux heures. Le Conseil des droits de l’homme a dans la foulée décidé de suspendre sa session

Au Palais des Nations, les cadres de l’ONU ne décolèrent pas. De 15 heures à 17 heures, ils mènent une action rare dans l’enceinte onusienne. Ils manifestent leur désapprobation au sujet du plan de réduction de 7,7% des salaires décidé à New York voici quelques mois. Ils jugent «erronés» les calculs effectués par la Commission de la fonction publique internationale (CFPI).

Le mouvement n’est pas qualifié de grève, mais d’arrêt de travail. Dans une missive adressée au personnel, le directeur général de l’ONU Genève Michael Moeller met en garde le personnel: «Il est rappelé aux membres du personnel que les actions de nature à perturber ou entraver de quelque manière que ce soit toute réunion ou autre activité officielle de l’organisation pourraient constituer une violation […] du règlement du personnel. Cela inclut tout comportement ou toute autre conduite destinés, directement ou indirectement, à empêcher d’autres fonctionnaires ou délégués de s’acquitter de leurs fonctions officielles. Sur la base des directives du siège, il est de même rappelé aux membres du personnel que les actions collectives, telles que les arrêts de travail ou toutes autres formes d’actions collectives, pourraient être considérées comme des absences non autorisées conformément aux règlement et statut du personnel.»

Vendredi toutefois, le président du Conseil des droits de l’homme, qui siège dans la salle XX du Palais des Nations, a pris la décision de suspendre la 35e session de cet organe onusien. Difficile de savoir si cela va être interprété comme une perturbation occasionnée par les manifestants. Ces derniers tiennent de 15h30 à 16h30 une réunion du personnel. Le mouvement de protestation a un objectif avoué: faire pression sur la CFPI qui siège à Vienne en juillet prochain. Car, pour l’heure, cette commission a, explique Ian Richards, secrétaire exécutif du Conseil de coordination du personnel de l’ONU Genève, «refusé à trois reprises de venir à Genève pour expliquer sa méthode de calcul». Des statisticiens ont été dépêchés à New York pour en savoir plus, mais, pour l’heure, la CFPI reste «très opaque».

Ce qui indispose le secrétaire exécutif, c’est la décision jugée prématurée de l’ONU d’avoir déjà mis en œuvre une partie des réductions salariales qui équivalent à un salaire en moins par an. Le personnel qui vient d’être engagé part déjà avec une grille salariale moins attrayante. «Le salaire des hauts responsables n’est toutefois pas touché», poursuit Ian Richards. La mesure, perçue comme un oukase de New York, devrait affecter 5400 fonctionnaires onusiens. Les responsables des agences onusiennes (OMS, OMPI, etc.) s’étaient eux-mêmes fendus d’une lettre collective pour dénoncer la mesure new-yorkaise, relevant qu’elle allait porter préjudice à l’attractivité de la Genève internationale et de leur organisation.

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