Les électeurs français auraient tort de ne pas voter les 21 et 28 mars pour élire leurs conseillers généraux (ou départementaux) et régionaux. Car depuis vingt ans, la décentralisation a donné des pouvoirs très importants aux régions, et plus encore aux départements. Souvent dans l'ignorance générale, tant la tradition jacobine conduit les Français à toujours tout demander à l'Etat. En 1998, 42% d'entre eux s'étaient abstenus.

Les départements ont en charge l'aide sociale, notamment via le revenu minimum d'insertion, les prestations pour les personnes âgées et handicapées. Ils s'occupent de l'enfance et de la protection sanitaire, construisent et entretiennent les collèges, assurent les transports scolaires. Avec la prochaine phase de la décentralisation, en 2005, ils devront aussi entretenir les anciennes routes nationales.

Les régions construisent et entretiennent les lycées, versent des aides pour la recherche, financent l'apprentissage, organisent les transports ferroviaires, définissent les plans d'aménagement du territoire et aident aux créations d'entreprises. En 2005, elles s'occuperont de développement économique, de santé publique et de tourisme.

Gros point noir de la décentralisation: s'il y a bien eu transfert de compétences, les transferts de ressources n'ont pas toujours suivi. Et les élus départementaux et régionaux ne voudraient pas être contraints de trop augmenter les impôts locaux, sous peine de décentraliser l'impopularité en même temps que les pouvoirs.