«La guerre aveugle. Il n’y a aucune explication, il n’y a aucune justification», s’est écrié Pastor Alape, ex-dirigeant de l’ancienne guérilla des FARC, à la fin de la conférence de presse virtuelle vendredi 30 avril. Avec six de ses camarades, il venait d’accepter l’accusation de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité imputée par la Juridiction spéciale pour la paix (JEP), en janvier dernier, pour la politique massive d’enlèvements pratiquée par l’organisation armée dans les années 1990 et 2000.

Une reconnaissance historique et inédite par bien des aspects, selon nombre d’observateurs du conflit. «Je ne vous cache pas mon émotion», a confié l’un des artisans de l’accord de paix historique signé en novembre 2016 entre le gouvernement précédent du président Juan Manuel Santos (Prix Nobel de la paix 2016) et les FARC. «C’est une avancée importante pour les droits des victimes, la vérité, la justice et la réconciliation», a déclaré Carlos Ruiz Massieu, chef de la mission des Nations unies en Colombie.