L'ex-guérilla des FARC, transformée en organisation politique légale, a enterré son sigle de guerre et changé de nom, devenant le «Partido Comunes» (Parti des Communs) dimanche à l'issue de sa deuxième assemblée depuis la signature de la paix en 2016.

Les anciens rebelles ont abandonné le nom de Force alternative révolutionnaire commune, choisi initialement après l'accord de paix, du fait de la mauvaise image portée par les dissidents qui ont gardé ou repris les armes sous le nom des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie). Selon les forces armées, les groupes dissidents totalisent environ 2500 rebelles sans commandement unifié et se sont renforcés ces dernières années dans des régions isolées de Colombie.

Lire aussi: La violence contre les ex-combattants menace la paix en Colombie

«Nous comprenons que le nom des FARC génère quelque résistance dans de multiples secteurs de la société colombienne», a expliqué Fancy Orrego, membre de la direction du parti à l'issue de l'assemblée organisée à Medellin (nord-ouest). Seulement quelques délégués y ont participé du fait des restrictions de déplacement imposées en raison de la pandémie de Covid-19, mais aussi des divisions au sein de l'organisation.

Le gouvernement du président Ivan Duque critiqué

«Nous sommes les Communs. C'est notre nouvelle image. A partir d'aujourd'hui, nous sommes le Parti des Communs et le parti de la paix, de la réconciliation et de l'amour pour la vie», avait déclaré un peu plus tôt le porte-parole et ex-commandant guérillero Pastor Alape, sur Twitter.

Contesté par un courant de l'ancienne guérilla marxiste, le chef du parti, Rodrigo Londoño, avait admis il y a quelques jours que le sigle FARC évoquait «la guerre» et «la douleur» causée par plus d'un demi-siècle de confrontation armée.

Dimanche, il a vivement critiqué le gouvernement de l'actuel président de droite Ivan Duque, farouche opposant au pacte de paix signé avec son prédécesseur Juan Manuel Santos (2010-2018). La mise en oeuvre de l'accord «est victime d'une simulation infâme et trompeuse» et «a été retardée (...) par le manque de volonté politique de l'Etat, de ce gouvernement et de ceux qui veulent perpétuer la guerre», a dénoncé Rodrigo Londoño, appelé «Timochenko» pendant le conflit.

Un premier échec électoral cinglant en tant que parti

Les anciens rebelles entendent changer leur image avant les élections législatives et présidentielle prévues en 2022.

Lors de sa première participation électorale aux municipales de 2019, la FARC, connue aussi comme le parti de la rose, emblème qui est conservé, avait essuyé un échec cinglant. Les divisions internes se sont depuis aggravées, tandis que des dizaines d'ex-guérilleros ont été assassinés.

Lire l'article du 11 juin 2019: En Colombie, les espoirs déçus de l’accord de paix

Selon le parti, au moins 250 anciens rebelles sont morts dans la vague de violence qui s'est amplifiée depuis l'accord de paix. Les autorités en accusent les dissidents et d'autres groupes armés financés par le trafic de drogue et l'extraction minière illégale.

Le nouveau nom a été choisi face à deux autres propositions, l'Unité Populaire du Commun et la Force du Commun, a précisé la sénatrice Sandra Ramirez, qui occupe l'un des 10 sièges parlementaires octroyés aux ex-FARC dans le cadre de l'accord qui a permis le désarmement de quelque 13 000 anciens combattants et miliciens.