La Colombie a diminué de 7% la superficie de ses plantations de coca en 2020, mais elle reste le premier producteur mondial de cocaïne, a annoncé l’Organisation des Nations unies ce mercredi 9 juin. Car le principe actif extrait des feuilles de cette plante originaire d’Amérique du Sud est justement la cocaïne.

Une priorité gouvernementale

L’an dernier, le pays comptait 143 000 hectares de cultures illicites, contre 154 000 en 2019. Mais «la production de cocaïne continue à augmenter», alerte Pierre Lapaque, représentant de l’ONUDC, l’office des Nations unies contre les drogues et le crime.

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En 2017, les hectares de plantation avaient atteint un nombre record: 171 000. L’accession au pouvoir en 2018 du président conservateur Iván Duque a permis de détruire davantage de récoltes. Le politique a fait de la lutte contre le trafic de stupéfiants une priorité et a lancé un plan antidrogue qui vise à réduire les plantations de coca de moitié d’ici 2023.

Son prédécesseur Juan Manuel Santos avait alors déclaré que les paysans agrandissaient leurs plantations dans l’espoir de bénéficier des aides prévues pour la substitution des cultures illicites. Des aides encadrées par l’accord de paix de 2016 conclu avec la guérilla des Farc dans le but d’améliorer leurs revenus du fait de la chute du peso colombien face au dollar.

«Nous avons toujours dit aux Colombiens que notre mission était d’affronter cette croissance exponentielle des cultures illicites […] et de suivre la voie de la réduction» face à «cette menace», a déclaré Iván Duque durant la présentation du rapport de l’ONU à Bogotá.

La moitié dans des zones protégées

Le représentant de l’ONUDC, Pierre Lapaque, a pour sa part souligné que «la production de cocaïne ne dépend pas seulement de la superficie plantée de coca» argumentant que la quantité «de feuilles récoltées sur un hectare, la quantité d’alcaloïde dans les feuilles et les capacités pour l’extraire sont en augmentation en dépit des efforts importants de la force publique.»

Les cinq départements colombiens comptant le plus de plantations illicites étaient en 2020 le Norte de Santander, situé dans le nord-est du pays, le Nariño, le Putumayo et le Cauca, dans le Sud-Ouest, et l’Antioquia, au nord-ouest. Ceux-ci concentrent à eux seuls «jusqu’à 84% de toute la coca du pays», prévient l’ONU. Et près de la moitié, soit 48%, se trouve dans des zones protégées comme des parcs nationaux et des réserves indigènes.

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La Colombie, minée par plus d’un demi-siècle d’un conflit armé alimenté par les recettes du narcotrafic, reste le principal producteur de feuilles de coca et de cocaïne du monde, devant le Pérou et la Bolivie. Les Etats-Unis en sont le premier consommateur.