Cela fait maintenant dix jours que la Colombie manifeste contre la politique du président Ivan Duque (droite). Ni le troisième pic de la pandémie de Covid-19, ni la répression brutale des mobilisations, ni l’appel au dialogue très tardif du gouvernement ne freinent le ras-le-bol de la population, qui défile dans tout le pays depuis le 28 avril.

Le bilan de la violence des forces de l’ordre, dénoncée par les Nations unies, l’Union européenne, Amnesty International, etc., est élevé: 24 morts dont au moins 11 liés aux agissements des forces de l’ordre selon les autorités, 37 selon l’ONG colombienne Temblores, 36 selon l’ONG américaine Human Right Watch (HRW). L’Unité de recherche des personnes disparues (UBPD), qui travaille normalement sur les disparitions dans le cadre du conflit armé, vient d’annoncer qu’elle avait recueilli les dénonciations de 26 organisations sociales et annonce 379 personnes disparues pendant les neuf premiers jours de manifestation.