La nomination lundi 9 janvier par Donald Trump de son gendre Jared Kuschner à la fonction de «haut conseiller» à la Maison-Blanche a été accueillie comme une «nouvelle bonne surprise» en Israël. Surtout par le «Yesha», le lobby des colons. Parce que le mari d’Ivanka Trump passe pour un ardent supporter de l’Etat hébreu et parce que sa famille soutient la colonisation des territoires palestiniens occupés par Israël.

En effet, par le biais de sa fondation, la famille Kuschner a, entre 2011 et 2013, subventionné à concurrence de 58 600 dollars la «yeshiva» (école talmudique) d’Itzhar, l’une des colonies les plus radicales de Cisjordanie. Une institution bien connue du Shabak (la Sûreté générale israélienne) puisque des jeunes gens impliqués dans le saccage de plantations et de villages palestiniens y sont inscrits.

Le rôle de la Fondation Trump

Au-delà de Jared Kuschner, de nombreux soutiens de la colonisation gravitent désormais dans l’entourage du futur président. A commencer par David Friedman, l’ex-avocat de Donald Trump nommé ambassadeur en Israël qui a, entre autres, été le président des «American friends of Beit El», une colonie surplombant Ramallah.

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Créée en 1988 cette association a recueilli au moins deux millions de dollars destinés au développement de Beit El. Dans ce flux de dons figurent d’ailleurs les 10 000 dollars offerts par la Trump Foundation à la «yeshiva» de l’implantation.

Entre l’armée et les saintes écritures

Intéressante également, la nomination de l’avocat Jason Greenblatt comme «représentant pour les négociations internationales», notamment chargé de faire progresser le processus de paix au Proche-Orient. Car ce juif orthodoxe portant une grosse kippa noire n’est pas seulement un ardent partisan de la colonisation qu’il a défendue au travers d’articles publiés sur «Aroutz 7» (le site des colons): il a également vécu en Cisjordanie occupée. Selon nos informations, Jason Greenblatt a en effet étudié à l’école talmudique d’Alon Shvut, une colonie qui passe pour au moins aussi radicale qu’Itzhar. Là-bas, son prénom hébraïsé était d’ailleurs «Jonathan Dov» et non plus Jason.

Connue sous le nom de «Yeshiva Har Tzion», l’école talmudique où a étudié ce fidèle parmi les fidèles de Donald Trump a été créée en 1968. Elle accueille de nombreux juifs religieux anglo-saxons ainsi que des jeunes Israéliens partageant leur temps entre l’armée et les saintes écritures. L’on y enseigne une doctrine nationaliste religieuse prônant un «Grand Israël» s’étendant de la Méditerranée au Jourdain ainsi que l’installation de colonies sur l’ensemble de la Cisjordanie occupée.