proche orient

Les combats continuent à la frontière syrienne malgré la trêve annoncée par Ankara et Washington

Au moins cinq civils ont été tués vendredi dans un raid aérien turc près de la localité frontalière de Ras Al-Aïn, selon une ONG. Les forces kurdes dénoncent une «violation» du cessez-le-feu conclu jeudi soir

Des raids aériens de la Turquie ont tué des civils vendredi dans le nord de la Syrie, selon une ONG, malgré la trêve pourtant acceptée par Ankara pour suspendre son offensive meurtrière contre des forces kurdes. Les forces kurdes avaient dit être prêtes à respecter la trêve.

Des bombardements aériens et des tirs d’artillerie de la Turquie ont visé des positions des forces kurdes et des civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). «Cinq civils ont été tués», affirme l’ONG. Ces attaques son une «violation» du cessez-le-feu, a estimé un porte-parole des forces kurdes Mustafa Bali.

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Une correspondante de l’AFP présente côté turc de la frontière a également pu entendre en début de matinée des frappes d’artillerie et des explosions tandis que des volutes de fumée blanche s’élevaient dans le ciel du côté syrien. «Il y a des tirs d’artillerie sporadiques et on peut entendre des tirs dans la ville de Ras Al-Aïn», a indiqué pour sa part à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. Selon lui cependant, les autres régions près de la frontière sont calmes.

L’offensive lancée par Ankara le 9 octobre avec des supplétifs syriens a ouvert un nouveau front dans la Syrie en guerre depuis 2011, où les forces kurdes partenaires des Occidentaux dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) ont accusé Washington de les avoir abandonnées.

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Les opérations militaires «suspendues»

Après avoir multiplié les prises de position contradictoires, les Etats-Unis ont finalement œuvré pour obtenir jeudi soir une suspension pendant cinq jours de l’opération qui a permis aux forces turques et à leurs supplétifs syriens de conquérir une bande frontalière de près de 120 km, allant de la ville de Tal Abyad à Ras Al-Aïn.

Pour permettre un retrait des forces kurdes «sous 120 heures, toutes les opérations militaires vont être suspendues et l’opération sera complètement arrêtée une fois ce retrait achevé», a déclaré le vice-président américain Mike Pence à la presse à l’issue de plus de quatre heures d’entretiens avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.

«Nous sommes prêts à respecter le cessez-le-feu», a annoncé de son côté Mazloum Abdi, le chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance dominée par les combattants kurdes.

«La situation des blessés est critique»

Ras Al-Aïn a été conquise à moitié par les forces turques, d’après l’OSDH. Mais les FDS ont livré une résistance farouche. Dans un communiqué vendredi, Amnesty International a accusé «les forces militaires turques» et les rebelles proturcs d’avoir «fait preuve d’un mépris honteux pour les vies civiles», évoquant des «preuves accablantes de crimes de guerre».

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Les autorités kurdes ont tenté de dépêcher vendredi une équipe médicale à Ras Al-Aïn pour tenter d’évacuer les blessés des derniers jours, a indiqué à l’AFP Hassan Amin, un responsable de l’hôpital de Tal Tamr, une ville voisine plus au sud. «La situation des blessés est critique et leur nombre élevé», a indiqué le responsable, assurant que «l’équipe médicale n’avait pas été autorisée à entrer» dans la ville, l’OSDH accusant les rebelles proturcs.

L’opération turque a tué 72 civils, et 231 combattants des FDS, selon un dernier bilan de l’OSDH, qui indique également que 187 combattants pro-turcs ont péri. Environ 300 000 personnes ont été déplacées par les combats, selon l’OSDH.

La Turquie a fait état de la mort de six soldats turcs en Syrie et de 20 civils tués dans les villes frontalières par des tirs des combattants kurdes syriens.

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