■ L’OSCE en piste. Angela Merkel, Vladimir Poutine et Petro Porochenko ont décidé de «mesures concrètes» pour permettre aux observateurs de l’OSCE de surveiller le cessez-le-feu dans l’est de l’Ukraine, a annoncé mardi l’Allemagne. Le retrait des armes lourdes devrait en outre débuter ce mardi, selon Berlin.

Ces mesures, non détaillées, ont été décidées lors d’un appel téléphonique de la chancelière allemande aux présidents russe et ukrainien lundi soir. Le Kremlin avait indiqué un peu plus tôt que les trois dirigeants ont parlé du cessez-le-feu, de la situation à Debaltseve et du rôle des observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

La trêve entrée en vigueur dimanche à 00h00 reste très précaire et n’est pas appliquée dans la région de Debaltseve, une ville stratégique tenue par les forces gouvernementales et assiégée par les séparatistes. Selon Berlin, la trêve n’y est pas «respectée totalement».

Angela Merkel et Petro Porochenko ont également appelé Vladimir Poutine à «utiliser son influence sur les séparatistes» pro-russes, afin que ceux-ci «cessent le feu».

Un autre entretien téléphonique a eu lieu entre M. Poutine, Mme Merkel et le président français, François Hollande, selon la présidence française.

■ Inquiétude américaine. Les Etats-Unis ont exhorté la Russie et les rebelles séparatistes qu’elle soutient à cesser «immédiatement» les attaques dans l’est de l’Ukraine. Ils ont dans le même temps exprimé leurs inquiétudes «les plus graves» quant aux violations du cessez-le-feu.

«Les Etats-Unis ont exprimé leurs inquiétudes les plus graves quant à la détérioration de la situation à Debaltseve et dans ses environs, dans l’est de l’Ukraine», a indiqué la porte-parole du Département d’Etat, Jennifer Psaki, dans un communiqué. «Nous exhortons la Russie et les séparatistes à cesser immédiatement toutes les attaques», a-t-elle ajouté.

■ Cessez-le-feu pas respecté partout. La trêve décidée le 12 février dernier était très fragile lundi alors que les combats se poursuivaient autour du nœud ferroviaire de Delbatseve. Aucune des deux parties n’avait commencé dans la soirée le retrait des armes lourdes de la ligne de front, comme le prévoyait l’accord signé à Minsk.

Les attaques étaient les plus violentes autour de la ville de Debaltseve, ville clé entre Donetsk et Lougansk, deux fiefs des séparatistes pro-russes. Des milliers de soldats de l’armée ukrainienne y sont encerclés par les rebelles fortement armés.

«Nous appelons la Russie et les séparatistes à prendre contact avec l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) pour faciliter le cessez-le-feu et […] mettre entièrement en œuvre leurs engagements pris les 5 et 19 septembre dernier à Minsk», a souligné la porte-parole du Département d’Etat.

■ Accusations mutuelles. Les responsables du gouvernement de Kiev et les rebelles se sont accusés mutuellement d’être à l’origine des attaques qui les empêchent de retirer leurs chars, leurs lance-roquettes et leur artillerie lourde de la ligne de front dans l’est de l’Ukraine.

Les observateurs de l’OSCE chargés de veiller au cessez-le-feu n’ont pas encore pu pénétrer dans Debaltseve en raison des hostilités. Selon le gouvernement ukrainien, les rebelles ont lancé plus de 112 attaques contre les positions de l’armée régulière dimanche, tuant cinq soldats et en blessant 25, et 38 attaques lundi, avec lance-roquettes Grad et tirs de mortiers.

«Ces actions agressives et les communiqués des séparatistes soutenus par la Russie menacent l’accord de cessez-le-feu récent et mettent en péril le retrait prévu des armes lourdes», a souligné Mme Psaki.