Les électeurs ne se sont pas laissé abuser. Il n'y a pas de place outre-Rhin pour un parti populiste de droite. En se laissant attirer vers cette pente fatale, les libéraux allemands ont surtout fait la démonstration de leur faiblesse. Les modérés sont soit assoupis, soit impuissants. La nouvelle génération, symbolisée par le président Guido Westerwelle, a surtout trahi son cynisme. Toujours ambigu, opportuniste à en perdre son âme, le chef du FDP s'est rendu complice de l'évolution dictée par Jürgen Möllemann. Le moustachu de Düsseldorf tirait les ficelles, mais le dandy de Berlin manquait de convictions solides à lui opposer.

Le dérapage du FDP, aggravé par des irrégularités financières, intervient au moment où les populistes néerlandais sont à bout de souffle et où le FPÖ de Jörg Haider est au bord de l'explosion après sa sortie du gouvernement autrichien. En France aussi, le sursaut républicain derrière Jacques Chirac a mis sous l'éteignoir le Front lepéniste. On peut voir un point commun à ces quatre expériences populistes ou d'extrême droite qui ont inquiété l'Europe. Les partis où elles se développent sont tous livrés aux humeurs excentriques de leur leader. A Vienne, à La Haye, à Paris ou à Berlin, les mauvais génies du populisme sèment dans leurs propres rangs la discorde plus que l'obéissance ou l'espoir d'un monde meilleur. Les querelles intestines sont le principal aliment combustible de projets précaires voués à s'autodétruire. C'est un constat rassurant, même s'il est prématuré de claironner l'éloignement du danger pour la démocratie.