Avec la fin des manifestations contre la réforme des retraites et son adoption par l'Assemblée nationale, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin semblait pouvoir passer un été tranquille. Mais l'action des intermittents du spectacle, qui protestent contre un accord passé entre des syndicats minoritaires et les organisations patronales pour modifier leur régime d'assurance chômage et mettent en péril de nombreux festivals d'été, et le résultat négatif du référendum sur la réorganisation des institutions de Corse font tourner l'été au cauchemar.

C'est d'abord le premier échec sérieux pour Nicolas Sarkozy, qui a volé de succès en succès et qui s'est engagé personnellement sur la question corse, multipliant les voyages sur l'île de Beauté. C'est ensuite un échec pour le premier ministre qui espérait faire de la Corse un laboratoire pour une réforme de la décentralisation qu'il conduit lui-même et à laquelle il veut attacher son image. Les Corses ont voté en plus grand nombre que prévu; ils lui ont répondu qu'ils ne souhaitaient pas être pris comme cobayes et que la quatrième réforme du statut de l'île depuis une vingtaine d'années est une réforme de trop.

Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy affirment qu'ils pratiquent à la fois le dialogue et la fermeté. Depuis la victoire de la droite en 2002, et malgré l'élection de Jacques Chirac exceptionnellement soutenu par une grande partie de la gauche, le gouvernement mène à marche forcée la réalisation de son programme et le premier ministre a fait récemment des déclarations qui renforcent l'antagonisme entre la gauche et la droite. Cette méthode donne l'impression de passages en force au nom d'une majorité acquise dans les urnes. Elle montre ses limites. Les Corses, qui ont voté à droite en 2002, viennent dele lui faire savoir lors du premier scrutin important organisé depuis les élections.