Les socialistes et les syndicalistes de toute l'Union européenne (favorables à la ratification du traité constitutionnel) observent avec perplexité ce qui se passe au Parti socialiste français. Ils ne sont pas les seuls. Les militants du PS sont les premiers citoyens à faire entendre leur voix sur ce traité. Ils décideront si leur parti fera campagne pour le oui ou pour le non lors du référendum de ratification. En cas de non, on voit mal comment Jacques Chirac obtiendra une majorité positive parce que ce référendum tournera à la protestation anti-européenne et anti-libérale, mais aussi parce qu'il agglomérera tous les mécontentements contre sa politique. Si la France votait non, la ratification du traité serait condamnée. Et l'éventualité qu'elle le fasse encouragera les eurosceptiques de l'Union. Nous pouvons comprendre, en Suisse, ce que pèsent les voix de quelques citoyens. Mais ce n'est jamais arrivé dans de telles proportions. Car 120 000 citoyens français, en outre militants d'un seul parti, décideront peut-être mercredi prochain pour 450 millions de citoyens européens.