La visite à Moscou de Pascal Couchepin ne restera probablement pas sans suite. Elle a déjà permis de vérifier que le drame d'Ueberlingen constituait bien, comme Vladimir Poutine l'a reconnu lui-même, «le seul obstacle à un déroulement normal» des relations russo-suisses. Et surtout de comprendre que pour les Russes ce problème revêtait plus d'importance qu'on ne l'imaginait côté suisse.

Paraissant plus à l'aise que l'an dernier lors de son premier séjour en Russie, le président de la Confédération semble avoir trouvé le ton qui convenait – suffisamment ferme, mais suffisamment souple pour n'indisposer personne inutilement. Et puis Vladimir Poutine, on le sait, a une horreur viscérale des inconnus – au point de ne s'entourer que de collaborateurs qu'il connaît depuis des années. Une rencontre directe était donc un minimum indispensable et irremplaçable pour avancer dans des relations toujours délicates avec un pays qui prend la Suisse de très haut.

Seul point noir: sur la question de la stabilité de la Russie, la référence de Pascal Couchepin aux vertus du capitalisme helvétique, cité en exemple, ne tient pas. La Russie de Poutine a d'autres règles et d'autres manières de fonctionner. Les entrepreneurs suisses n'ont donc pas de raisons d'être rassurés, à l'heure où les oligarques russes eux-mêmes se mettent à trembler.