Il y a toujours eu une logique implacable dans les actes de Vladimir Poutine: celle du contrôle absolu du pouvoir. Mais, depuis mardi, cette véritable obsession a subi une formidable accélération. Car en limogeant en bloc son gouvernement à moins de trois semaines d'une élection présidentielle qu'il est assuré de remporter, le nouveau tsar a montré à ceux qui en doutaient encore qu'il est désormais seul maître à bord du paquebot Russie. Et qu'il n'a même plus besoin de respecter les formes qui auraient voulu le voir attendre le verdict des urnes pour proposer un nouveau cabinet à l'approbation d'un parlement que, de toute manière, il contrôle.

Au-delà du geste aussi fort qu'inattendu que représente le renvoi de Mikhaïl Kassianov – dernier représentant de l'ère Eltsine, proche de ces oligarques honnis du Kremlin et du bon peuple – le coup de théâtre de mardi vise essentiellement à créer un électrochoc dans l'opinion publique. Un électrochoc destiné à lancer la campagne électorale du candidat Poutine qui craint qu'une abstention trop importante lors d'un scrutin joué d'avance n'enlève à ce dernier son caractère de plébiscite.

Reste la question essentielle qui est de savoir ce que l'ancien colonel du KGB entend faire de ce pouvoir quasi absolu qui sera le sien après le 14 mars. Une question encore sans réponse.