Nicolas Sarkozy n'a plus qu'un choix disponible. La rupture. Elle viendra. Il ne serait pas le premier des chefs de gouvernement de la Ve République à agir ainsi pour s'engager dans la course à la présidence, même si Nicolas Sarkozy n'est que le premier ministre «bis». S'il rompt avec Jacques Chirac et s'il prend la tête de l'UMP, Nicolas Sarkozy ne fera que suivre l'exemple de Jacques Chirac quittant son poste sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing pour fonder son propre parti. Ce que veut éviter le président en exercice en le poussant dehors.

«J'ai vieilli, j'ai mûri, j'ai compris. Pour réformer, il ne faut pas agir à la hache, mais être capable de créer un mouvement continu qui soit compris, ambitieux et ininterrompu», vient de dire Nicolas Sarkozy au quotidien Les Echos à propos du changement de statut d'EDF-GDF. Plus qu'un message aux syndicalistes qui s'y opposent, c'est un avertissement à ceux de ses «amis» qui croient qu'il va se laisser prendre dans la nasse. Son éviction n'est pas acquise, mais si elle se produit et si Nicolas Sarkozy obtient la direction de l'UMP, il lui suffira de la dramatiser pour faire du parti du président de la République celui du ministre parfait dont «on» a privé la France.