Le Kosovo aura les moyens de faire face à ses besoins les plus urgents. Les représentants d'une centaine de pays – dont la Suisse – et d'organisations internationales se sont engagés mercredi à Bruxelles à consacrer plus de 2 milliards de dollars (3,2 milliards de francs) sous forme de dons pour permettre aux 734 000 réfugiés retournés dans la province serbe dévastée de passer l'hiver dans des conditions acceptables.

«Les besoins les plus urgents ont été satisfaits», a déclaré Chris Poortman, coordinateur de la Banque mondiale pour l'Europe du Sud-Est, à l'issue de cette première conférence des donateurs pour le Kosovo – une seconde est prévue en octobre. Deux cents millions de dollars seront consacrés d'ici à décembre à l'aide humanitaire (médicaments et aliments), 45 millions iront à l'administration provisoire de l'ONU au Kosovo (UNMiK) qui pourra ainsi payer les salaires des employés des services publics de la province, et 315 millions serviront à la reconstruction immédiate des bâtiments endommagés par onze semaines de bombardements.

Selon la Commission européenne, coorganisatrice de cette conférence avec la Banque mondiale, près de 120 000 maisons ont été endommagées ou détruites. Le coût de leur réparation est chiffré à 1,1 milliard d'euros (1,8 milliard de francs). Bruxelles estime que 300 millions devront être engagés d'ici à la fin de l'année pour éviter que les 734 000 réfugiés rentrés au pays ne subissent les affres de l'hiver. Les fonds promis devraient donc largement permettre de parer aux besoins prioritaires.

Les Etats-Unis fourniront 500 millions de dollars, le Japon 200 millions, l'Allemagne 190 millions, la Grande-Bretagne 145 millions et l'Union européenne 523 millions d'euros, dont 145 millions pour l'aide humanitaire. La Suisse débloquera quant à elle d'ici à la fin de l'année 115 millions de francs. Berne financera notamment un studio de radio pour le compte de l'UNMiK.

La Suisse a profité de l'occasion pour rappeler que 170 000 Kosovars – près d'un dixième de la province – séjournent actuellement chez nous, dont 60 000 sont des réfugiés. Elle consacrera cette année 800 millions pour leur accueil. Un effort qui en fait l'un des plus importants contributeurs par habitant. Raison pour laquelle la Suisse revendique une place de membre à part entière au Pacte de stabilité pour les Balkans qui sera lancé en grande pompe vendredi lors d'un sommet à Sarajevo.