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La communauté internationale s'inquiète de la décision de Donald Trump sur Jérusalem

Le président américain a reporté sa décision quant au transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem. Recep Tayyip Erdoğan affirme que «Jérusalem est une ligne rouge pour les musulmans». Donald Trump pourrait opter pour un compromis, qui ne convaincrait cependant pas les Palestiniens

La décision très attendue du président Donald Trump sur le fait de déplacer ou non l'ambassade américaine en Israël à Jérusalem a été reportée, a annoncé lundi la Maison Blanche. Une position à ce sujet devait être annoncée par la présidence américaine lundi.

«Le président a été clair sur cette affaire depuis le départ: ce n'est pas une question de si (l'ambassade sera effectivement déplacée de Tel-Aviv à Jérusalem, NDLR), c'est une question de quand», a affirmé Hogan Gidley, un porte-parole de la Maison Blanche.

A ce propos: L’ambassade que Trump projette d’installer à Jérusalem

Inquiétudes internationales

Plus l'heure de la décision approche, plus la pression internationale s'intensifie pour qu'il évite tout choix susceptible de ruiner les espoirs de relance du processus de paix. Ce mardi matin, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a avertit son homologue américain, affirmant que «Jérusalem est une ligne rouge pour les musulmans».

Après les Palestiniens puis leurs alliés, la France a émis lundi soir son propre avertissement au président américain. Dans un entretien téléphonique, le chef de l'Etat français Emmanuel Macron a «exprimé sa préoccupation sur la possibilité que les Etats-Unis reconnaissent unilatéralement Jérusalem comme capitale d'Israël», a rapporté l'Elysée.

Une question récurrente depuis 20 ans

La question est pourtant la même tous les six mois depuis plus de deux décennies: le président américain accepte-t-il de déménager l'ambassade des Etats-Unis en Israël vers Jérusalem, comme le prévoit une loi adoptée en 1995 par le Congrès, ou signe-t-il une dérogation pour la maintenir à Tel-Aviv, à l'instar du reste de la communauté internationale? La nouvelle date butoir pour renouveler la dérogation tombait théoriquement lundi. Jusqu'ici, les présidents successifs ont choisi la seconde solution.

Malgré sa promesse de campagne en faveur d'un déménagement, Donald Trump a fini lors de la précédente échéance en juin par se résoudre à attendre. Ce, pour «donner sa chance» à la paix entre Israéliens et Palestiniens.

En juin: Trump renonce pour l’instant à déménager l’ambassade américaine à Jérusalem

Une troisième option?

Mais selon plusieurs observateurs, le milliardaire républicain est tenté par une troisième voie qui pourrait consister à repousser encore un tel déménagement tout en reconnaissant plus ou moins officiellement Jérusalem comme capitale d'Israël. Il pourrait annoncer son choix mardi ou mercredi, selon des médias et des responsables américains.

Même cette solution de compromis serait un casus belli, ont prévenu ces derniers jours les dirigeants palestiniens. Ces derniers revendiquent Jérusalem-Est comme capitale de leur futur Etat tandis que la communauté internationale n'a jamais fait droit aux demandes d'Israël qui soutient que la ville est sa capitale.

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